Le Grand Port maritime de la Martinique renforce sa surveillance et ses contrôles d’accès pour lutter contre le narcotrafic et mieux protéger le territoire.

« Ça va être beaucoup plus risqué, donc beaucoup plus coûteux, donc passez votre chemin »,
lance le préfet Étienne Desplanques à l’adresse des trafiquants. Pour Michel Aleu, directeur territorial de la police nationale, l’enjeu est aussi local :

« Lutter contre le narcotrafic, ce n’est pas simplement protéger l’Europe de la cocaïne qui peut passer par la Martinique, c’est aussi protéger les Martiniquais. »

Caméras de dernière génération, drones aériens et terrestres, intelligence artificielle et radars : le dispositif présenté vendredi 25 septembre marque une nouvelle étape dans la sécurisation du port. Il s’inscrit dans le plan d’action engagé en janvier 2026 par le préfet et le président du Grand Port maritime de la Martinique.

Une convention signée avec la direction territoriale de la police nationale (DTPN) prévoit la transmission des images de vidéoprotection du port à la salle d’information et de commandement des policiers. Ces derniers pourront ainsi s’appuyer sur les équipements portuaires pour renforcer leur surveillance et leur capacité d’intervention.
Michel Aleu rappelle que ses services ont déjà accès aux images de Fort-de-France et du Lamentin. Celles de l’aéroport doivent prochainement compléter cet ensemble. Avec le Grand Port, ce sont plusieurs centaines de caméras qui pourront contribuer à la lutte contre la délinquance et les trafics.
Le directeur territorial insiste sur les conséquences du narcotrafic pour la population martiniquaise :
« Autour du narcotrafic, on sait qu’il y a de la violence, on sait qu’il y a des armes. »
En s’attaquant aux circuits d’acheminement des stupéfiants, la police entend donc aussi agir contre les violences et les bandes armées présentes sur le territoire.
Du côté des accès maritimes, les radars viennent compléter les caméras et les drones. Selon Étienne Desplanques, ces équipements doivent mettre fin aux approches nocturnes non détectées. Le préfet affirme qu’il y a encore quelques mois, un navire pouvait arriver de nuit sur le port sans être repéré :
« Maintenant, c’est fini. »
La sécurisation passe également par un contrôle plus étendu des personnes qui fréquentent la plateforme. Le nombre de personnes habilitées est passé d’environ 300 à 700, indique le préfet. Auparavant, ces habilitations concernaient essentiellement les professionnels travaillant en permanence sur le site, notamment les dockers et les portiqueurs. Elles ont été élargies aux transporteurs, dont les conducteurs venant déposer des conteneurs.
« Aujourd’hui, la préfecture habilite toute personne qui travaille même temporairement sur le port », explique Étienne Desplanques. Selon lui, ces procédures comprennent des vérifications dans les fichiers d’antécédents judiciaires, pénaux et liés au terrorisme. Un contrôle annuel automatisé des personnes habilitées est également annoncé.
Les autorités préparent déjà la suite. Pour 2027, le préfet fixe comme objectif le renforcement de la présence policière permanente sur le terminal à conteneurs, une infrastructure qu’il juge « absolument critique ».
Avec ces nouveaux moyens, l’État et le port affichent une volonté : compliquer l’utilisation de la plateforme par les réseaux criminels, qu’il s’agisse du transit de cocaïne ou de l’entrée de cannabis et de résine de cannabis en Martinique.
Philippe Pied et Roland Dorival





