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    Actualité

    Adopte ton courbaril : semer aujourd’hui pour préserver demain

    juin 11, 2026Mise à jourjuin 12, 2026Aucun commentaire
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    Sous la serre du Conservatoire botanique national de Martinique, les participants ont appris à cultiver le courbaril, une espèce patrimoniale en voie de disparition. Une initiative qui illustre les missions du CBN : protéger la biodiversité martiniquaise, transmettre les savoirs botaniques et encourager la réappropriation des espèces locales.

    Ce sont les mains dans la terre et les pieds dans la peinture que s’est déroulé l’atelier du CBN (Conservatoire botanique national). La structure créée à l’origine par Aimé Césaire au début des années 2000, est nichée dans les hauteurs de Fort-de-France. L’objectif était d’enraciner les Martiniquais à leur terre afin qu’ils se réapproprient la nature qui les entoure. Aujourd’hui, l’institution est passée sous la houlette de l’État, du ministère de l’Environnement plus précisément.

    Inventorier le patrimoine naturel fait partie des missions allouées au CBN « pour savoir quelles espèces sont communes, lesquelles sont plutôt rares », explique Florian Guilhabert, technicien de conservation ex situ. Pour ce faire, le CBN dresse des cartes de répartition d’espèces végétales. Le conservatoire s’occupe également de la préservation de ces espèces. « On a des plantes d’herbier qui datent des années 1790. On continue ce travail. » Près de 8000 échantillons ont été collectés. Il s’agit aussi de valoriser ce travail et d’être un appui pour les politiques publiques à travers ces connaissances. « On va accompagner les collectivités ou les communes sur des opérations de renaturation voire de valorisation de la flore indigène dans les aménagements paysagers urbains. » Le technicien explicite sa fonction : « La conservation ex situ ne doit pas se substituer à la préservation des milieux naturels. Cela vient s’ajouter au cas où il y aurait une erreur de parcours et une espèce disparaît. Nous sommes un peu le dernier rempart si une espèce disparaît. »

    Dans ce laboratoire à ciel ouvert, le CBN expérimente sur la culture des plantes. « Cela nous permet de publier des itinéraires techniques de production. Une sorte de feuille de recette que l’on diffuse publiquement pour les espèces communes. Cela permet aux pépiniéristes locaux de se réapproprier la flore sauvage qui est adaptée à notre climat, à notre biodiversité et à nos sols. »

    40 mètres de haut pour 2 mètres de diamètre

    Sous la serre, parmi les essences indigènes, une petite dizaine de participants s’étaient réunis. Le défi du jour est d’adopter un courbaril ou en tout cas de planter une graine de courbaril. Tout un art selon Florian Guilhabert. Un art qu’il faut transmettre pour une espèce en voie de disparition qui aime les sols calcaires. « C’est souvent au sol qu’on remarque un courbaril, on y voit ses gousses. » L’arbre peut atteindre une hauteur de 40 mètres et 2 mètres de diamètre. « Il fait partie des arbres émergents que l’on retrouve dans une forêt mature. » Sa croissance est lente, il pousse à l’ombre. « Il a été très plébiscité pour l’usage de son bois pour en faire du mobilier ou des traverses. » On va retrouver le courbaril dans tout le pourtour caribéen.

    « La plante qui pue des pieds »

    « Ça me rappelle l’odeur des casses », explique l’une des participantes à l’atelier en sentant la gousse du courbaril. « Ça peut avoir une odeur très rebutante au début mais on sent une odeur suave à la fin, reprend Florian Guilhabert. En Guyane, ils l’appellent la plante qui pue des pieds ou le caca chien. » Les populations locales utilisaient le courbaril pour son bois mais surtout pour sa farine que l’on retrouve dans ses gousses. Elle contient 11 grammes de protéines pour 100 grammes.

    Dans un pot profond, chaque participant a soigneusement placé sa graine de courbaril dans le substrat puis, dans le cadre de l’opération adopte ton courbaril l’a baptisé. Afin de clore, l’atelier jardinage, un peu de peinture grâce à un pochoir posé à même le sol a été proposée aux participants.

    Laurianne Nomel

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