Ce vendredi, ce samedi et ce dimanche, se déroulent les journées de l’archéologie. La Direction des affaires culturelles de la Martinique a choisi la mer comme thématique cette année. Une occasion de plonger dans l’histoire martiniquaise et de déterrer des trésors de vie.
Une épave en mer qui semble fantomatique. C’est celle de l’hydravion le Sykorsky dans la baie de Fort-de-France. L’engin s’est abîmé en mer en 1945 et repose depuis dans les fonds vaseux de la baie foyalaise. À défaut de pouvoir plonger et la voir de ses propres yeux, des photos de l’hydravion sont proposées dans le cadre d’une exposition consacrée à l’archéologie sous-marine. Johan-Hilel Hamel, directeur de la DAC explique les raisons pour lesquelles la mer a été choisie cette année : « Le Drassm (Délégation des recherches en archéologie subaquatiques et sous-marines) fête ses 60 ans. C’est le premier service subaquatique au monde créé par André Malraux en 1966. De plus, la Martinique est entourée par les mers et les océans et le territoire a des vestiges extrêmement intéressants. »

En effet, la dramatique éruption de la montagne Pelée a figé dans le temps et sous la mer les vestiges d’un autre temps. Raison pour laquelle on retrouve de nombreuses épaves dans la baie de Saint-Pierre. « On peut découvrir toute une histoire de la Martinique sous la mer. Il y a aussi les plages où il y a des cimetières d’esclaves, on le voit à l’anse Bellay. Ou encore à Sainte-Anne qui était un lieu d’occupation par les Amérindiens. L’histoire de la Martinique s’écrit aussi sous le sable. » Pour rendre ces trouvailles et ces morceaux d’histoire accessibles, les portes de la DAC seront ouvertes, du centre de conservation et d’études archéologiques. Des archéologues y présenteront des vestiges. Pistolets, boulets de canon, ancres, ils expliqueront la richesse des éléments trouvés. « Ce sont des professionnels qui se mettront à la disponibilité du grand public de manière la plus pédagogique qui soit sur ce qu’est cette discipline. »

A l’image de Jean-Sébastien France, président de l’association de recherche et de valorisation du patrimoine archéologique sous-marin de la Martinique, des amateurs passionnés contribuent à la discipline. Il est d’ailleurs le co-inventeur, terminologie employée pour désigner un découvreur, d’un site sous-marin dans le sud de la Martinique. L’homme a la passion de la mer et de l’histoire chevillée au corps. J’ai été traversé par l’Histoire », raconte-t-il. Tout comme les 17 membres qui constituent l’association, il veut faire connaître ce pan de l’histoire. « On cherche à sensibiliser et à intéresser les Martiniquais à ce patrimoine encore méconnu. » Il poursuit : « L’amateurisme apporte un peu de fraîcheur et d’émotion à une science est très rigoureuse qu’est l’archéologie sous-marine. »
Anne Hoyau Berry, archéologue sous-marin a pour mission d’accueillir les collections issues de l’archéologie sous-marine en collaboration avec le Drassm. Une collection riche selon l’archéologue. « Ca couvre toute la tranche chronologique de l’occupation du territoire martiniquais, de la période amérindienne jusqu’à la période actuelle. » Anne Hoyau Berry explique que ce domaine va donner tous les volets de l’activité maritime : navigation, échanges commerciaux, périodes de guerres, découvertes de territoires, l’activité de pêche. « Ca touche à toute la variété d’humanité quand elle s’approche de l’eau ou qu’elle est sur l’eau. La difficulté en archéologie sous-marine est de pouvoir porter connaissance des publics. On ne peut pas faire visiter de chantiers archéologiques sous-marins. C’est uniquement à l’occasion de manifestations comme celles-ci que l’on peut montrer ce patrimoine. »
Laurianne Nomel





