Le président de la région Guadeloupe, Ary Chalus, a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 100 000 euros d’amende pour détournement de fonds publics. Il a annoncé son intention de faire appel.
Le tribunal a évalué à 181 089 euros les sommes détournées. Il a notamment retenu l’utilisation de 96 135 euros de son indemnité de représentation des frais de mandat pour régler des dépenses personnelles, ainsi que 47 431 euros de remboursements indus versés par la commune de Baie-Mahault.
Ary Chalus a également été reconnu coupable d’avoir rémunéré fictivement sa fille Nathalia comme collaboratrice parlementaire. Le tribunal a relevé la « persévérance » de l’infraction, liée à la perception d’un salaire pendant un an, pour un préjudice de 67 861 euros. Nathalia Chalus, poursuivie pour recel, a été condamnée à six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Le dossier concernant Francette Gourdine Bachou, compagne de l’élu, a été disjoint.
Le tribunal n’a pas ordonné l’exécution provisoire de l’inéligibilité, prenant en compte les « remboursements déjà intervenus ». Ary Chalus peut donc conserver ses mandats pendant la procédure d’appel. Père et fille ont par ailleurs été relaxés concernant un crédit de 6 580 euros utilisé pour financer des voyages.
Dans un communiqué diffusé depuis Basse-Terre, le président de région a déclaré que son avocat ferait appel « dans les prochains jours ». Il a assuré que les condamnations « n’entament en rien [sa] détermination ».
L’Assemblée nationale et la commune de Baie-Mahault, parties civiles aux côtés de l’association Anticore, doivent recevoir une indemnisation. L’enquête du parquet national financier avait été ouverte après un signalement de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.