Jeudi matin, une délégation du comité citoyen du sud a été reçue par le président de la CTM, Serge Letchimy à Cluny, à l’Hôtel de la CTM. L’occasion de faire le point sur l’avancée de la constitution de l’autorité unique de l’eau en Martinique.
L’autorité unique de l’eau, on y est ou presque selon Serge Letchimy. Il reste une étape à franchir : le vote de l’Assemblée nationale. « Depuis cinq ans, on a dû délibérer cinq fois, à l’unanimité à chaque fois dont un vote au Congrès, commence le président du conseil exécutif de la CTM. Nous avons même mis en place une convention qui a été approuvée à l’Assemblée pour nous permettre de converger vers l’autorité unique de l’eau. » Serge Letchimy estime qu’il aura fallu prendre le temps d’installer une telle structure notamment l’obtention de l’habilité à créer l’entité. « Cette procédure de l’État met environ cinq ans. Nous avons eu le vote unanime au Sénat. On attend le vote unanime à l’Assemblée nationale. »
En attente du vote de l’Assemblée nationale
La CTM est déjà dans les starting-blocks. « Dès que l’Assemblée nationale aura voté, nous allons préparer le dossier technique à présenter à l’Assemblée de Martinique pour un dernier vote pour ne pas être dans une situation catastrophique globale. » Ce vote sera le feu vert afin que la loi puisse être élaborée en Martinique. Après ce vote, il faudra encore attendre pour l’usager martiniquais avant de voir une autorité unique de l’eau. « Il faut compter entre deux et trois ans supplémentaires pour faire les études techniques, faire converger les dépenses, les amortissements. » La question de l’autonomie financière se pose. « Avec un syndicat mixte, vous n’avez pas cette autonomie. Vous dépendez des institutions qui composent le syndicat mixte. L’avantage avec une autorité unique, c’est l’autonomie fiscale sans trop dépendre des EPCI ou des communes. » Les EPCI et les communes ne seront pas pour autant écartées mais seront partie intégrante de la gouvernance.
« Nous voulons que les choses soient claires »
De cette autorité unique de l’eau, le consommateur martiniquais devrait en voir un tarif unique de l’eau contre une dizaine de tarifs pratiqués dans le territoire actuellement. Laurent Lanoix du Comité citoyen du sud en est convaincu : « Une gestion unique de la ressource par une seule et même autorité. Nous voulons que les choses soient claires. » Il redoute que l’attitude de certains élus vienne assombrir le projet. « Ce qui peut nous poser problème c’est le comportement des élus. Objectivement, nous n’attendons qu’une chose c’est le prix unique de l’eau. Nous sommes demandeurs, nous les citoyens. » Le comité n’oublie pas sa revendication de la gratuité des premiers m3 d’eau. « Ça va changer la vie des gens. »
Laurianne Nomel





