Réélu le 16 avril à la présidence de Cap Nord Martinique, Bruno Nestor Azérot ouvre une nouvelle mandature placée sous le signe de la continuité, de l’efficacité et de la solidarité territoriale. Face aux défis de l’eau, des déchets, du transport ou encore du développement économique, le maire de Sainte-Marie appelle à l’unité des 18 communes du Nord. Mais cette séance d’installation a aussi fait émerger d’autres voix, réclamant davantage d’équité dans la représentation et des résultats concrets sur le terrain.
« faire ensemble pour donner au nord plus de force et de visibilité »
Reconduit à la tête de la communauté d’agglomération, Bruno Nestor Azérot a d’abord inscrit cette réélection dans la continuité du travail engagé. Pour lui, il ne s’agit pas d’un nouveau départ, mais de la poursuite d’un engagement collectif au service du Nord de la Martinique.
Le président de Cap Nord voit dans ce renouvellement une confiance réaffirmée des élus communautaires, mais aussi la confirmation d’une ambition commune, faire du territoire nord un espace de solidarité, de cohésion et de développement durable.
Au cœur de son intervention, un message constant, la force du Nord réside dans sa capacité à agir ensemble. Mutualiser les moyens, partager les compétences, unir les intelligences, selon lui, c’est cette méthode qui a permis au territoire d’avancer et c’est elle qui doit continuer à guider l’action publique.
Des dossiers solides et une action visible
Dans un contexte budgétaire plus tendu, Bruno Nestor Azérot a insisté sur la nécessité de changer d’échelle dans la manière de conduire les projets. Les financements, a-t-il rappelé en substance, ne se décrochent pas sur des promesses mais sur la qualité des dossiers présentés.
Il a plaidé pour des projets mieux préparés, techniquement solides, utiles à la population et suffisamment structurants pour convaincre les partenaires financiers. Chaque euro mobilisé devra, selon lui, produire des effets concrets.
Le président de Cap Nord a également affiché une exigence forte vis-à-vis de son équipe. Les vice-présidents et élus communautaires devront être investis, produire des résultats et rendre l’action publique visible. Pas question, a-t-il laissé entendre, de se satisfaire du symbole ou du paraître. La mandature devra se juger sur son bilan.
Eau, déchets, transport, attractivité
Parmi les priorités citées figurent les grands dossiers du quotidien. La question de l’eau reste centrale pour de nombreuses communes. Celle des déchets demeure un enjeu majeur de gestion et d’aménagement. Le transport, particulièrement dans un territoire éclaté et contrasté, fait aussi partie des urgences.
Au-delà de ces compétences, Bruno Nestor Azérot veut renforcer l’attractivité du Nord en s’appuyant sur ses atouts propres, la jeunesse, le patrimoine, l’identité culturelle, la résilience des populations et la richesse des communes.
Pour lui, le développement du Nord ne peut se penser en vase clos. Il devra passer par des coopérations renforcées, la recherche de partenaires, l’apport de compétences nouvelles et une ouverture plus large sur l’extérieur.
Hommage aux agents et défense du service public
Le président réélu a également tenu à saluer les agents de Cap Nord, qu’il a présentés comme les artisans quotidiens de l’intercommunalité. Souvent peu visibles, ces personnels assurent pourtant la continuité du service public et la mise en œuvre des politiques décidées par les élus.
Dans son propos, le service public apparaît comme un levier de transformation du territoire, à condition d’être porté avec sérieux, engagement et proximité avec la population.
Chaque commune doit trouver sa place
Bruno Nestor Azérot a enfin réaffirmé sa volonté de construire un territoire plus solidaire, plus attractif et plus résilient. Une ambition qui, selon lui, suppose de veiller à ce que chacune des 18 communes membres trouve sa place dans l’ensemble communautaire.
Il a rappelé les dispositifs de fonds de concours mis en œuvre lors de la précédente mandature, permettant aux communes de bénéficier d’un soutien direct pour leurs projets. Pour le président de Cap Nord, cette logique de solidarité concrète doit rester au cœur de l’action communautaire.
Des réactions qui traduisent les attentes du terrain
Si l’élection s’est déroulée dans le cadre institutionnel attendu, plusieurs prises de parole ont rappelé que la nouvelle mandature sera observée de près.

Cynthia Yerro, maire du Marigot, a exprimé ses réserves sur la répartition des responsabilités au sein de l’exécutif communautaire. Elle estime que les petites communes du Nord restent trop souvent en retrait et a plaidé pour une meilleure représentativité au sein de l’assemblée. L’élue a également regretté la faible place accordée aux femmes dans les vice-présidences. Plus largement, elle appelle à revenir à l’esprit fondateur de l’intercommunalité, permettre un développement équilibré de l’ensemble du territoire nord, au-delà des logiques partisanes ou des rapports de force locaux.

À Grand’Rivière, Jean-Louis Marie-Louise a tenu un discours plus direct centré sur l’efficacité. Pour lui, les habitants attendent avant tout des réalisations concrètes. Il rappelle que plusieurs dossiers d’aménagement doivent désormais aboutir et que les communes ont besoin de solutions, pas seulement d’annonces. Dans un contexte marqué par la baisse de certaines recettes et des marges financières réduites, il insiste sur la nécessité d’aller chercher les financements disponibles et de faire avancer les projets utiles à la population.
Une mandature sous vigilance
Cette réélection de Bruno Nestor Azérot confirme une stabilité politique à la tête de Cap Nord. Mais elle ouvre surtout une période d’attentes fortes. Entre exigence d’équité, impératif de résultats et nécessité de préparer l’avenir, la communauté d’agglomération du Nord entre dans une nouvelle phase où les discours devront désormais se traduire en actes.
Roland Dorival & Philippe PIED





