Du 1er au 5 juin 2026, la Caribbean Tourism Organization réunit à New York ministres et opérateurs du tourisme caribéen. Thème central : « One Caribbean: Infinite Experiences ». Trois enjeux majeurs dominent : connectivité aérienne, marketing régional unifié, et durabilité. Des défis qui concernent directement la Martinique.
Caribbean Week : où le tourisme caribéen s’organise collectivement
À l’InterContinental New York Times Square, le tourisme caribéen installe son quartier général du 1er au 5 juin 2026. La Caribbean Tourism Organization (CTO) mobilise un record depuis la pandémie. Plus de vingt destinations y sont représentées. Des ministres et commissaires au tourisme viennent de toute la région.
Des compagnies aériennes, opérateurs et médias internationaux participent massivement. Le thème « One Caribbean: Infinite Experiences » fédère l’ensemble. Ian Gooding-Edghill, président du Conseil ministériel de la CTO, inaugure les travaux. Le gouverneur des Îles Vierges américaines Albert Bryan Jr. et le Premier ministre des Îles Vierges britanniques Dr. Natalio Wheatley sont aux côtés.
Le signal est clair : le tourisme caribéen négocie désormais comme un bloc régional. Fini la logique île par île. Cette mobilisation ministérielle historique affiche l’ambition d’une Caraïbe unie.
Trois défis stratégiques pour le tourisme caribéen
La connectivité aérienne : fondement du tourisme caribéen
L’aérien structure toute la semaine. Le Conseil ministériel, réuni mardi 2 juin, consacre une large part à l’airlift régional. L’accès aérien demeure le premier critère de choix pour les voyageurs internationaux.
Christine Valls, directrice générale Caraïbes et Amérique latine d’United Airlines, prononce le discours-clé du dîner de gala Women in Tourism Leadership. Henry Harteveldt, analyste, anime une conférence marketing sur les tendances aériennes. Ces interventions montrent l’importance de l’aviation pour le tourisme caribéen.
Pour la Martinique, l’enjeu est concret. Depuis le 1er juin 2026, Caribbean Airlines réduit ses fréquences vers Fort-de-France à deux vols hebdomadaires. La compagnie nationale de Trinidad-et-Tobago traverse des difficultés financières sévères. Elle négocie une dette de 150 millions de dollars américains.
Cependant, une bonne nouvelle arrive. Le 29 mai dernier, Air Caraïbes et LIAT (2020) signent un accord interligne majeur. Dès le 1er juin, de nouvelles connexions s’ouvrent depuis Antigua vers la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane française. Un billet unique couvre les correspondances vers Paris-Orly.
Cette « one-stop connectivity » incarne exactement ce que le tourisme caribéen appelle de ses vœux. L’interconnexion commence donc à se matérialiser concrètement.
Moderniser le marketing régional du tourisme caribéen
La CTO lance plusieurs initiatives pour renforcer le tourisme caribéen auprès des marchés nord-américains. CTO TV est une nouvelle plateforme de narration numérique dédiée. Elle vise à amplifier le storytelling caribéen.
Un Supply Side Committee voit le jour pour traiter les défis d’infrastructure. La semaine accueille également le Caribbean Travel Marketplace. Acheteurs nord-américains et vendeurs caribéens y négocient en face à face les programmes 2026-2027.
La Martinique occupe une position singulière. Elle est membre associée de la CTO. Elle demeure aussi un territoire européen, soumis aux standards Atout France. Cette double appartenance permet une stratégie unique : cibler simultanément les clientèles nord-américaines via les réseaux caribéens et les européennes via les canaux hexagonaux. Le tourisme caribéen y gagne ainsi une perspective différente.
Durabilité : condition de survie pour le tourisme caribéen
Le troisième axe du sommet touche la résilience régionale. La CTO intègre cette année la thématique climatique au cœur de son agenda ministériel. Une déclaration finale attendue portera sur la gestion des risques naturels.
Les infrastructures touristiques doivent s’adapter. Les ouragans de 2024 ont rappelé la vulnérabilité structurelle de la région. Cette prise de conscience rejaillit sur tout le tourisme caribéen.
Pour la Martinique, cet enjeu résonne fortement. La DEAL Martinique et l’ADEME accompagnent la transition écologique du secteur. Les certifications « Clef Verte » et les diagnostics énergétiques progressent. Toutefois, la coordination régionale reste insuffisante. Chaque île développe ses propres critères de durabilité. Ce morcellement brouille le message auprès des voyageurs conscients de leur empreinte carbone.
Martinique : enjeux du tourisme caribéen à l’échelle locale
Le vrai défi pour Fort-de-France n’est donc pas de briller seule. L’enjeu réside dans une inscription intelligente dans la dynamique collective que la CTO construit. Les chiffres du tourisme caribéen martiniquais restent sous pression.
Après un rebond post-Covid, la fréquentation stagne. Des concurrents comme Cuba, la République dominicaine ou Porto Rico investissent massivement. Leurs capacités d’accueil et connexions aériennes progressent rapidement. En comparaison, le tourisme caribéen martiniquais marque le pas.
C’est pourquoi la Caribbean Week 2026 représente une opportunité stratégique. Elle constitue aussi un test décisif. La dynamique du tourisme caribéen en 2026 dépendra de cet événement.
La voix unique que la CTO souhaite incarner vaut finalement peu si chaque île met son autonomie promotionnelle avant le collectif. La connectivité aérienne reste centrale pour y parvenir. Un pari que le tourisme caribéen n’a jamais pleinement réussi à tenir jusqu’ici.
Ainsi, la Caribbean Week 2026 marque un tournant potentiel. Le tourisme caribéen doit accepter une logique d’intégration régionale. La Martinique y jouera un rôle-clé, grâce à ses atouts stratégiques et sa position de pont entre Caraïbe et Europe.





Caribbean Week : où le tourisme caribéen s’organise collectivement