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    Home » Crise énergétique Cuba : l’asphyxie énergétique
    Caraïbe

    Crise énergétique Cuba : l’asphyxie énergétique

    juin 13, 2026Aucun commentaire
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    Le 12 juin 2026, un négociant américain renonce à livrer 250 000 barils de carburant à Cuba. Ce renoncement marque l’épilogue d’une crise énergétique Cuba sans précédent depuis 1962. Les conséquences humaines et régionales sont désormais irréversibles.

    La crise énergétique Cuba : un blocus construit étape par étape

    Tout commence le 3 janvier 2026. L’intervention militaire américaine au Venezuela provoque la chute de Nicolás Maduro. Brutalement, les livraisons de pétrole vénézuélien vers Cuba s’arrêtent. Ces livraisons couvraient un tiers des besoins énergétiques cubains. Washington saisit l’occasion immédiatement.

    Le 29 janvier, un décret présidentiel instaure un blocus pétrolier officiel. Il menace de droits de douane punitifs tout pays qui vendrait du pétrole à l’île. Le Mexique, principal fournisseur via Pemex, juge la mesure très injuste. Il s’y plie néanmoins dès le 27 janvier.

    En mai, Washington franchit un nouveau palier. Des sanctions extraterritoriales visent négociants, assureurs, compagnies maritimes et institutions financières. Aucune interaction économique n’est autorisée avec le conglomérat Gaesa, qui structure l’économie cubaine. C’est dans ce contexte que le 12 juin, un négociant américain renonce à livrer 250 000 barils – un dernier espoir d’approvisionnement évaporé.

    Une île plongée dans l’obscurité : délestages massifs

    Coupures électriques : 20 à 22 heures par jour

    Les conséquences sur le terrain sont immédiates. Le système électrique cubain repose sur des centrales thermiques vieillissantes. Mariel et Santa Cruz del Norte manquent de carburant. Elles manquent aussi de pièces détachées. Depuis le 3 mars 2026, les délestages touchent l’île en continu.

    Dans plusieurs provinces, les coupures atteignent 20 à 22 heures quotidiennes. Le 16 mars, Cuba connaît une panne totale. Elle frappe les 11 millions d’habitants. Une semaine plus tard, une deuxième panne survient. Le ministre de l’Énergie Vicente de la O Levy le reconnaît : le pays n’a plus de carburant de réserve.

    Au pic de la crise, le Système électrique national génère 1 278 mégawatts en pointe. La demande estimée atteint 3 000 mégawatts. Le déficit dépasse 1 700 mégawatts – une situation abyssale pour l’île.

    Services vitaux au bord du gouffre

    Les conséquences humanitaires s’enchaînent rapidement. Les hôpitaux tournent au ralenti. Le président Miguel Díaz-Canel annonce lui-même le report de dizaines de milliers d’opérations. Les services d’oncologie, de dialyse et de maternité subissent une pression considérable.

    Plus grave : le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme alerte en juin. Il affirme que des enfants meurent, faute d’accès aux fournitures médicales et médicaments essentiels. Par ailleurs, faute de gasoil, 44 camions-poubelles seulement sur 106 circulent à La Havane en février. Les ordures s’accumulent.

    L’accès à l’eau devient un jeu de hasard quotidien. Les pompes de distribution dépendent d’un réseau électrique défaillant. En juin, des habitants remplissent seaux et bidons à des réservoirs en plein air. Enfin, Cuba accuse le blocus d’empêcher l’ONU de distribuer 170 conteneurs d’aide humanitaire déjà sur place.

    Un isolement économique qui s’aggrave

    Le prix du carburant : insoutenable pour la population

    Pour les Cubains qui trouvent encore de l’essence, le prix atteint neuf dollars le litre. C’est plus de 300 dollars pour un plein de réservoir. Une somme dépasse le salaire annuel de la majorité. En parallèle, la vente de diesel est suspendue. L’essence est sévèrement rationnée.

    Les entreprises privées cubaines, autorisées tardivement, achinent des volumes dérisoires. Elles ont importé environ 30 000 barils depuis janvier. C’est un tiers des importations quotidiennes habituelles. La crise énergétique Cuba paralyse l’économie locale.

    L’isolement aérien s’installe progressivement

    Dès le 9 février, Cuba annonce qu’elle ne peut plus ravitailler en kérosène les avions. Air Canada suspend ses liaisons. Puis Rossiya et Nordwind Airlines font de même. Air France gèle ses vols Paris-La Havane à partir du 29 mars.

    L’île, comptant sur le tourisme comme principale source de devises, se retrouve progressivement isolée. Les hôtels tournent sur des générateurs coûteux ou ferment. Le secteur touristique, déjà fragilisé, s’effondre. Cette dynamique aggrave la crise énergétique Cuba de manière exponentielle.

    Onde de choc dans la Caraïbe : implications régionales

    La crise énergétique Cuba ne reste pas confinée à l’île. En mai 2026, le Parti national du peuple de Jamaïque exhorte les gouvernements de la CARICOM à réagir. Il avertit que la situation menace la stabilité régionale et la sécurité économique.

    Pourquoi ? Les importations énergétiques cubaines ont chuté de 80 à 90 % depuis janvier selon les estimations régionales. Cette contraction affecte toute la région caribéenne. Le professeur François Audet de l’UQAM qualifie la situation d’inédite et provoquée par l’homme. Il plaide pour un compromis d’urgence entre La Havane et Washington.

    Pour Audet, plus le temps passe, plus Cuba aura du mal à s’en remettre. Le redressement exigera un réinvestissement massif, notamment touristique. En Martinique, à quelques centaines de kilomètres de Cuba, cette crise frappe les esprits. Elle rappelle la fragilité des îles caribéennes face aux chocs extérieurs – énergétiques, climatiques ou géopolitiques.

    En effet, quand une île sœur s’éteint, c’est toute la Caraïbe qui perd de sa lumière. Notre solidarité de voisins face à la crise caribéenne est plus que jamais sollicitée. Des initiatives d’aide régionale émergent pour soutenir Cuba. Par ailleurs, les sanctions Trump paralysent l’économie caribéenne au-delà de l’île.

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