À la suite des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, le préfet de Martinique, Étienne Desplanques, a réuni l’ensemble des maires de l’île ce matin mercredi 6 mai pour un séminaire de travail organisé en partenariat avec l’association des maires. Cette rencontre, organisée à Fort-de-France, visait à accompagner les élus, notamment les nouveaux maires, confrontés à des responsabilités toujours plus lourdes dans un contexte financier, sécuritaire et territorial particulièrement exigeant.
Trois grands enjeux structurants ont dominés cette rencontre : la sécurité, les finances des collectivités et l’aménagement du territoire.
Sécurité, prévention et respect de l’autorité républicaine
Parmi les sujets abordés figuraient la prévention de la délinquance, le déploiement de la vidéoprotection ainsi que le rôle des polices municipales. L’objectif affiché était de donner aux élus « les réflexes à avoir », en particulier pour ceux qui exercent leurs fonctions pour la première fois.
La question de la sécurité des maires a également occupé une place importante lors des échanges. Un message de fermeté a été adressé concernant les violences physiques ou verbales visant les élus locaux.
« Les maires sont les représentants de la République. On leur doit le respect. »
Il a été rappelé que toute atteinte contre un maire constitue aussi une atteinte à la République elle-même. Le préfet a indiqué que les services de l’État, en lien avec le procureur, la police et la gendarmerie, apporteraient une réponse « la plus rapide et la plus ferme possible » à ce type d’actes.
Des finances communales sous tension
Autre thème central du séminaire, la gestion financière des communes dans une période de fortes contraintes budgétaires, aussi bien pour les collectivités que pour l’État. Les discussions ont porté sur plusieurs sujets sensibles : maîtrise de la masse salariale, délais globaux de paiement, accompagnement des investissements et appui des services de l’État, notamment ceux des finances publiques.
Les premières années d’un mandat municipal ont été présentées comme une période particulièrement stratégique. C’est souvent à ce moment que les nouveaux exécutifs locaux lancent leurs projets, tout en devant parfois remettre de l’ordre dans les finances communales.
« C’est toujours un moment particulier, les deux ou trois premières années d’un mandat. »
L’État entend ainsi jouer un rôle d’accompagnement et de conseil afin d’aider les élus à prendre « les meilleures décisions » dans cette phase jugée décisive.
Aménagement du territoire et reconquête des centres-bourgs
Les échanges ont également porté sur l’aménagement du territoire et les outils permettant aux communes de revitaliser certains secteurs dégradés. Parmi les sujets évoqués figurent notamment les procédures relatives aux biens sans maître, considérées comme un levier important pour la reconquête des centres-bourgs.
Plusieurs exemples martiniquais ont été mis en avant afin d’illustrer les initiatives locales jugées efficaces en matière de gestion territoriale et de prévention.

« Je préfère toujours partir des bons exemples de la Martinique. »
Plutôt qu’un discours centré sur les difficultés, le préfet a choisi de valoriser les communes qui développent déjà des démarches considérées comme positives et inspirantes pour d’autres territoires.
Travailler davantage en amont avec les services de l’État
Les maires ont aussi été invités à renforcer leur collaboration avec les services de l’État dès la conception des projets municipaux. Selon le préfet, de nombreux projets se retrouvent ralentis par des contraintes réglementaires ou environnementales découvertes trop tardivement.
« Il vaut mieux traiter ces aspects en amont d’un projet qu’à la fin, sinon cela bloque le projet. »
L’État rappelle par ailleurs qu’il demeure un partenaire majeur du financement des investissements communaux, tout en précisant qu’il ne se substitue jamais aux collectivités dans leurs compétences propres.
Un mandat de plus en plus difficile
En filigrane de cette rencontre apparaît une réalité largement partagée par les élus locaux : exercer aujourd’hui les fonctions de maire devient de plus en plus complexe. Entre attentes des administrés, tensions sociales, contraintes budgétaires, exigences réglementaires et enjeux de sécurité, les maires se retrouvent en première ligne sur pratiquement tous les sujets du quotidien.
Ce séminaire marque ainsi la volonté de renforcer le dialogue entre l’État et les collectivités martiniquaises dans un moment charnière du nouveau mandat municipal.
Philippe Pied





