« Ce chiffre n’est pas une facture envoyée à chaque citoyen »
Rapportée au nombre d’habitants, la dette publique française atteint 75 208 dollars par personne. Le calcul, publié par l’économiste Nicolas Tarnaud à partir des données de l’OCDE, place la France au cinquième rang des pays membres, loin derrière les États-Unis et le Japon. L’auteur prévient lui-même que ce chiffre ne dit pas tout.
Deux pays au-dessus de 100 000 dollars
Le principe tient en une division : la dette publique d’un pays rapportée à sa population. Nicolas Tarnaud l’a appliqué aux pays de l’OCDE dans une publication sur LinkedIn, la semaine dernière. Aux États-Unis, le résultat atteint 113 348 dollars par habitant. Le Japon suit de près, avec 110 667 dollars.
Ce sont les deux seuls pays de l’échantillon à franchir la barre des 100 000 dollars.
L’infographie qui accompagne la publication précise la méthode : il s’agit de la dette brute de 2025, exprimée en dollars et corrigée des écarts de pouvoir d’achat entre pays. Ce sont les chiffres les plus récents disponibles en septembre 2026. Les pays qui ne sont pas membres de l’OCDE n’y figurent pas.

En Europe, l’Italie devant la Belgique et la France
L’Italie arrive troisième, avec 94 002 dollars par habitant. Viennent ensuite la Belgique (82 089 dollars) et la France (75 208 dollars). L’Allemagne se situe bien plus bas, à 47 619 dollars : l’Italie affiche presque le double. La Belgique, elle, atteint presque le double des Pays-Bas (42 114 dollars).
Le chiffre français est une moyenne nationale. Il vaut pour un habitant de Fort-de-France comme pour un Parisien.
Tout en bas du classement, la Turquie compte 11 812 dollars de dette publique par habitant, près de dix fois moins que les États-Unis.
Un record de 61 000 milliards de dollars
La dette publique cumulée des pays de l’OCDE a atteint 61 000 milliards de dollars en 2025, contre 55 000 milliards un an plus tôt. Les 6 000 milliards supplémentaires représentent, selon Nicolas Tarnaud, à peu près la taille de l’économie allemande.
Une mesure d’échelle, pas un diagnostic
L’économiste met lui-même en garde contre le raccourci. Diviser la dette par la population ne dit pas si elle est soutenable : tout dépend aussi de la croissance, des taux d’intérêt, des recettes fiscales et de l’appétit des investisseurs.
Sa conclusion tient en une phrase :
« la dette par habitant mesure une échelle, pas la santé budgétaire d’un pays ».
Philippe Pied





