Dans un article publié dans Justice du jeudi 23 juillet 2026, Michel Branchi ne conteste pas la légitimité de la lettre ouverte signée par quinze présidents de Régions et de collectivités, dont celui de Martinique . Il approuve même la démarche visant à dénoncer les réductions des concours financiers de l’État. En revanche, il critique l’analyse proposée par votre serviteur, Gérard Dorwling-Carter dans Antilla.
Son premier reproche est d’avoir rapproché cette lettre ouverte de l’accord-cadre institutionnel signé le 1er juillet 2026 entre l’État et la Collectivité territoriale de Martinique.
Selon lui, ce rapprochement est incongru puisque les baisses de dotations concernent l’ensemble des Régions et collectivités, alors que seule la Martinique est engagée dans une négociation institutionnelle.
Il estime qu’un tel rapprochement nourrit l’idée selon laquelle davantage d’autonomie conduirait mécaniquement à une diminution des financements de l’État.
Michel Branchi conteste ensuite les références aux 213,7 millions d’euros d’engagements non financés évoqués par l’exécutif de la CTM en 2021.
Il affirme qu’aucun audit ni aucune preuve ne viennent confirmer cette évaluation et rappelle que la Chambre régionale des comptes n’a pas fait état de dettes cachées dans son rapport sur la période 2015-2020.
Il critique également la présentation des résultats financiers de 2025.
Selon lui, mettre en avant un résultat positif de 3,52 millions d’euros occulte le résultat global déficitaire de 38 millions d’euros souligné par le CESECEM, principalement dû au déficit de la section d’investissement.
Enfin, il considère que la conclusion de l’article d’Antilla mélange deux débats distincts : celui du financement des collectivités et celui de l’évolution institutionnelle de la Martinique.
Je ne partage pas cette analyse.
Mon propos n’était pas de soutenir que les réductions budgétaires résultaient de l’accord-cadre, mais de souligner un paradoxe politique : au moment où l’État ouvre une négociation destinée à renforcer les responsabilités de la Martinique, il réduit parallèlement les ressources des collectivités territoriales.
Cette contradiction mérite d’être interrogée. Les questions budgétaires et institutionnelles sont juridiquement distinctes, mais elles sont politiquement liées. Une évolution statutaire n’a de sens que si les moyens financiers permettent d’exercer effectivement les nouvelles compétences.
S’agissant des 213,7 millions d’euros et des résultats financiers de 2025, j’ai repris les données présentées dans les documents officiels et par l’exécutif territorial.
Elles peuvent être discutées politiquement, mais elles constituent des éléments du débat public. Le résultat net de 3,52 millions d’euros et le résultat global déficitaire de 38 millions d’euros correspondent à deux indicateurs comptables différents ; ils ne se contredisent pas mais appellent des interprétations différentes. Et cela ne veut pas dire que les indicateurs financiers de la collectivité sont au vert.
Le débat de fond demeure celui de la cohérence entre responsabilités, compétences et ressources. C’est précisément cette réflexion que mon article entendait ouvrir à partir de la lettre des quinze exécutifs.
Enfin, comment Michel Branchi – qui est mon lecteur le plus attentif- peut-il penser que je désavoue la démarche unanime des élus pour plus de responsabilité martiniquaise – dont l’accord-cadre est le premier pas- qui ne mènera à l’objectif recherché que si nous sommes tous vigilants à analyser, jauger, estimer tous les aspects de la question afin d’ éviter une fois de plus le statut quo
Gérard Dorwling-Carter





