France : un rapport de l’Institut Thomas More relance le débat sur cinquante ans de décisions publiques
Dans un article publié par Le Figaro Magazine, le journaliste Ghislain de Montalembert présente les grandes lignes d’un rapport inédit de l’Institut Thomas More consacré aux décisions politiques qui auraient, selon ses auteurs, contribué au déclassement de la France depuis les années 1970. Un texte à lire pour comprendre une lecture très critique de l’évolution économique, sociale, institutionnelle et politique du pays.
Nous avons lu dans Le Figaro Magazine un article de Ghislain de Montalembert intitulé « De Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, les 50 décisions qui ont coulé la France », publié le 26 juin 2026. Le texte s’appuie sur un rapport de l’Institut Thomas More, laboratoire d’idées libéral-conservateur fondé en 2004, qui propose une analyse très sévère de cinquante années de décisions publiques en France.
L’article ne se présente pas comme une simple chronique politique. Il donne à voir une thèse structurée : le déclassement français ne serait pas seulement le produit de crises extérieures, de la mondialisation ou de circonstances économiques défavorables, mais aussi le résultat d’une succession de choix politiques, administratifs, sociaux, budgétaires et institutionnels. L’Institut Thomas More affirme ainsi que la France aurait reculé sur plusieurs plans : économie, niveau scolaire, finances publiques, sécurité, immigration, souveraineté, santé, logement, énergie ou encore organisation territoriale.
Le propos est assumé, engagé, mais il repose sur une volonté d’inventaire. Une vingtaine de contributeurs ont travaillé, selon l’article, à identifier les décisions jugées les plus lourdes de conséquences depuis le mandat de Valéry Giscard d’Estaing jusqu’à celui d’Emmanuel Macron. Parmi les mesures citées figurent notamment le collège unique, le regroupement familial, la retraite à 60 ans, les lois Defferre de décentralisation, le RMI, le traité de Maastricht, les 35 heures, l’euro, la loi SRU, la tarification à l’activité à l’hôpital, le traité de Lisbonne, la création des agences régionales de santé, la suppression de la taxe d’habitation ou encore la fermeture de Fessenheim.
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L’un des points centraux de l’article concerne ce que l’Institut Thomas More qualifie de contradiction durable dans les politiques françaises. Selon les auteurs du rapport, la France aurait accepté des engagements européens et internationaux liés à l’ouverture des marchés, à la concurrence et à la monnaie unique, tout en conservant un modèle intérieur marqué par une dépense publique élevée, une fiscalité lourde et une forte intervention de l’État. Cette tension serait, selon eux, l’une des explications du décrochage économique et industriel du pays.
Le rapport présenté par Le Figaro Magazine insiste également sur la dette publique, les déficits et l’absence de réforme structurelle. L’abandon, en 2011, du projet de règle d’or budgétaire est cité comme un moment important. Pour les auteurs, cette décision aurait contribué à laisser se poursuivre une trajectoire d’endettement devenue difficilement soutenable.
L’article aborde aussi des sujets particulièrement sensibles, comme l’immigration, l’école, la justice, la sécurité, la famille, la culture ou la place de la France dans l’Union européenne. Sur chacun de ces thèmes, l’Institut Thomas More adopte une lecture critique, parfois très tranchée, des politiques conduites par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche. L’intérêt du texte est précisément là : il propose une grille de lecture globale, cohérente, mais qui appelle évidemment discussion, contradiction et mise en perspective.
Pour le lecteur antillais et ultramarin, cet article peut également présenter un intérêt particulier. Les choix nationaux évoqués dans le rapport ont souvent eu des effets directs ou indirects dans les territoires d’outre-mer : organisation des collectivités, politiques sociales, logement, santé, école, fiscalité, normes, énergie, continuité territoriale, rôle de l’État et dépendance aux transferts publics. Même si l’article traite d’abord de la France hexagonale et de ses grandes orientations nationales, plusieurs des thèmes abordés résonnent fortement dans les réalités martiniquaises.
Il faut toutefois lire ce travail pour ce qu’il est : une analyse issue d’un think tank identifié, portant une sensibilité intellectuelle et politique clairement marquée. Le rapport ne prétend pas être neutre au sens journalistique du terme. Il défend une interprétation du déclin français et désigne des responsabilités politiques. C’est justement pourquoi sa lecture mérite d’être faite avec attention, en distinguant les faits, les chiffres, les choix d’analyse et les conclusions proposées.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, ce type de document participe au débat public. Il pose une question simple, mais essentielle : comment un pays qui disposait d’atouts majeurs dans les années 1970 a-t-il pu accumuler autant de difficultés structurelles en matière d’endettement, d’éducation, d’industrie, de logement, de sécurité ou de confiance démocratique ?
L’article de Ghislain de Montalembert dans Le Figaro Magazine mérite donc d’être lu, non parce qu’il apporterait une vérité définitive, mais parce qu’il rassemble, de manière claire et offensive, une série de critiques qui traversent aujourd’hui une partie du débat public français. Il permet aussi de mesurer combien les décisions prises à Paris, parfois il y a plusieurs décennies, continuent de produire des effets dans l’ensemble du pays, y compris dans les outre-mer.
Philippe Pied
Source : Ghislain de Montalembert, « De Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, les 50 décisions qui ont coulé la France », Le Figaro Magazine, article publié le 26 juin 2026, consacré au rapport de l’Institut Thomas More
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