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    Home » »Seize the opportunity in our misfortune!" An op-ed by 17 members of Congress.
    Opinion Pieces

    »Seize the opportunity in our misfortune!" An op-ed by 17 members of Congress.

    May 12, 2020No Comments
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    «Saisir la chance dans notre malheur!» La tribune de 17 députés

    Olivier Becht, Pierre-Yves Bournazel, Paul Christophe, Laure de La Raudière, Agnès Firmin-Le Bodo, Antoine Herth, Dimitri Houbron, Aina Kuric, Jean-Ch. Larsonneur, Vincent Ledoux, Patricia Lemoine, Lise Magnier, Valérie Petit, Benoit Potterie, Maina Sage

    « Une idée-force semble marquer l’aspiration des peuples : remettre l’homme et la planète au cœur de tout », estiment ces élus Agir et LREM.

    La baisse – provisoire ? – du nombre de contaminations et de décès du Covid-19 laisse progressivement apparaître, derrière la crise sanitaire, une crise économique et sociale d’une ampleur probablement inégalée dans l’histoire. Aux dizaines de milliers de morts, vont succéder des entreprises ruinées et des millions de chômeurs. Le redémarrage ne sera pas seulement compliqué du fait des pertes économiques engendrées par deux mois de confinement mais surtout par l’incertitude qui va planer encore de longs mois sur notre capacité à reprendre notre rythme « d’avant ».

    Pour éviter une explosion de la misère, mais aussi pour tenter de relancer la machine économique, les Etats vont être contraints de maintenir longtemps ouverts les robinets de la dépense publique. Le débat qui va s’ouvrir sur son financement sera crucial.

    Deux voies se dessinent : celle d’une dette supplémentaire laissée aux générations suivanteset celle d’une monétarisation, les banques centrales violant leurs statuts pour racheter les dettes des Etats avant de les annuler en les passant en pertes dans leurs bilans. Ajoutons une troisième voie, celle qui invente de nouveaux instruments de financement de l’économie, non exclusivement fondés sur la dépense budgétaire, à l’instar d’un fonds souverain européen. Gageons que, par manque de courage, d’audace et de consensus, la première hypothèse sera choisie avant que la seconde ne finisse, dans la douleur, par s’imposer, après avoir ignoré puis moqué la troisième.

    Priorités. Mais le débat sur le montant ou le financement de la dépense publique ne devra pas éluder l’enjeu principal de cette dépense : son sens. En effet, la tentation pourrait être grande, après des décennies de restrictions budgétaires, de profiter de cette manne soudaine pour laisser l’argent couler un peu partout, pourvu qu’il permette aux citoyens et aux entreprises de garder la tête hors de l’eau. En réalité, une telle politique serait dramatique car elle nous priverait d’une occasion inespérée de rétablir des priorités fortes pour notre société et d’y associer des moyens financiers conséquents pour les atteindre. Il ne s’agit pas de revenir par réflexe ou nostalgie à l’Etat providence que nous avons connu lors des crises précédentes, mais d’inventer une nouvelle providence dans un monde gouverné par le risque et l’incertitude.

    Depuis plusieurs années, nous voyons bien que notre modèle économique, social et environnemental ne tourne plus rond. Déconnexion entre l’économie financière et l’économie réelle, explosion des inégalités, épuisement des ressources naturelles ont engendré une mondialisation des colères. Même si aucun mouvement n’a émergé pour proposer un modèle fondamentalement nouveau, une idée-force semble marquer l’aspiration des peuples : remettre l’homme et la planète au cœur de tout.

    « L’histoire nous enseigne que c’est justement dans ces périodes de drames, guerres ou révolutions, que s’opèrent les changements de modèle »

    Mieux construire. L’occasion nous en est aujourd’hui donnée. Une partie de l’économie mondiale est à terre. Nous pouvons donc reconstruire, ou mieux construire, grâce à cette relance par la dépense publique, en lui donnant du sens et en la mettant au service du modèle que nous souhaitons.

    Pour cela, des règles strictes et claires devront être établies. Nous devons exiger que la dépense ne prenne pas la simple forme d’aides sociales ou de subventions aux entreprises sans contreparties. Nous devons exiger que les aides aux citoyens permettent de fonder une nouvelle fraternité autour de l’utilité commune, de la solidarité intergénérationnelle ou de la valorisation de la place de chaque individu dans la société. Nous devons exiger que les subventions aux entreprises les aident à se transformer à travers une production plus respectueuse de l’environnement et des principes d’un développement durable. Cela vient d’être fait par exemple par le gouvernement qui a exigé en contrepartie des 7 milliards d’euros versés à Air France que la compagnie s’engage à ce que cet argent serve notamment à l’achat d’Airbus moins polluants, ce qui sera aussi un facteur d’attractivité et donc de compétitivité dans le monde de demain.

    Cela impliquera aussi de ne pas expier nos défaillances passées en allouant quelques milliards à notre système de santé pour solde de tout compte, mais d’en revoir aussi le fonctionnement pour le libérer de la bureaucratie par une capacité d’initiative renforcée des acteurs de terrain et le préparer aux crises de demain, notamment celle liée au vieillissement de la population.

    Progressivement pourrait ainsi se bâtir un nouveau projet de société, favorisant une production et une consommation plus qualitatives que quantitatives (moins mais mieux), avec une économie qui continue de croître, mais revoie sa façon de créer de la valeur ; une société recherchant le bonheur davantage dans l’être et pas exclusivement dans l’avoir, veillant au bien-être de la personne humaine et au respect de notre environnement.

    Certes, de telles exigences impliqueront un effort supplémentaire, celui de changer en partie de logiciel, de construire plutôt que de reconstruire pour reprendre le mot de Paul Valéry, dans un moment où beaucoup chercheront avant tout à survivre. Mais l’histoire nous enseigne que c’est justement dans ces périodes de drames, guerres ou révolutions, que s’opèrent les changements de modèle. Si nous savons saisir l’occasion de la crise du coronavirus pour effectuer ces changements en donnant un sens aux milliers de milliards d’euros que nous nous apprêtons à dépenser, le vieil adage pourrait à nouveau être vérifié : « A quelque chose, malheur est bon. »

    Olivier Becht est député Agir du Haut-Rhin, Pierre-Yves Bournazel est député Agir de Paris, Paul Christophe est député Agir du Nord, Laure de La Raudière est députée Agir d’Eure-et-Loir, Agnès Firmin-Le Bodo est députée Agir de Seine-Maritime, Antoine Herth est député Agir du Bas-Rhin, Dimitri Houbron est député LREM du Nord, Aina Kuric est députée ex-LREM de la Marne, Jean-Charles Larsonneur est député LREM du Finistère, Vincent Ledoux est Agir député du Nord, Patricia Lemoine est députée Agir de Seine-et-Marne, Lise Magnier est députée Agir de la Marne, Valérie Petit est députée ex-LREM du Nord, Benoît Potterie est député LREM du Nord, Maina Sage est députée UDI de Polynésie, MJid El Guerab, député des français de l’étranger et Thomas Gassilloud, député du Rhône.

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