Le Grand Port Maritime de la Martinique et la Banque des Territoires ont signé le 22 avril 2026 une convention de partenariat pour la période 2026-2029. L’accord cible trois chantiers : transition énergétique, adaptation climatique et protection des milieux naturels, avec l’ambition de sécuriser les flux d’approvisionnement du territoire et de faire du port un modèle durable à l’échelle caribéenne.
Plus de 95 % des flux de marchandises qui alimentent la Martinique transitent par le port de Fort-de-France. Cette concentration fait du Grand Port Maritime de la Martinique (GPMLM) une infrastructure vitale, mais aussi particulièrement exposée aux aléas climatiques : cyclones, submersions marines, érosion du trait de côte. C’est dans ce contexte que la Banque des Territoires, filiale de la Caisse des Dépôts, vient d’officialiser un partenariat stratégique sur quatre ans avec l’établissement portuaire martiniquais.
La convention signée à Fort-de-France s’inscrit en cohérence avec le Projet Stratégique 2025-2029 du GPMLM. Elle vise à soutenir une trajectoire de modernisation, de décarbonation et d’adaptation, en mobilisant les outils financiers et d’ingénierie dont dispose la Banque des Territoires : prêts de long terme, investissements en fonds propres, conseil en amont des projets. L’objectif affiché est double. D’une part, garantir la continuité des flux logistiques, condition première de l’économie insulaire. D’autre part, positionner Fort-de-France comme hub caribéen exemplaire sur le plan environnemental et social.
« Dans un territoire où plus de 95 % des flux passent par le port, notre responsabilité consiste à garantir la continuité d’activité tout en adaptant nos infrastructures aux effets du changement climatique. »
Bruno Mence, président du directoire du GPMLM
Autonomie énergétique et sobriété
Premier axe du partenariat, la transition énergétique vise à réduire la dépendance du port aux énergies fossiles. Le GPMLM s’engage dans une stratégie combinant développement des énergies renouvelables, efficacité et sobriété. Trois leviers opérationnels sont identifiés : le déploiement de projets photovoltaïques sur les emprises portuaires, l’extension du smart grid déjà en service et l’électrification progressive des usages, des engins de manutention aux navires à quai. La Banque des Territoires apporte ingénierie et financement sur l’ensemble de ces chantiers.
Anticiper l’évolution du trait de côte
Deuxième priorité, la résilience des infrastructures face au changement climatique. Quais, terre-pleins et réseaux logistiques du port sont exposés à la houle, aux submersions et à l’érosion côtière. Les échéances de ces phénomènes, qui se comptent en décennies, imposent une planification longue. Le partenariat prévoit de mobiliser des financements adaptés à cet horizon, mais aussi d’engager un travail d’ingénierie sur la gestion foncière et les éventuelles relocalisations d’activités ou d’équipements. Une approche qui traduit le passage d’une logique de réparation à une logique d’anticipation.
« Ce partenariat illustre notre engagement aux côtés des acteurs locaux pour construire des infrastructures durables et résilientes, au service des Martiniquaises et Martiniquais. »
Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires
Coraux, mangroves et corridors naturels
Troisième axe : la protection des milieux naturels. Le périmètre portuaire concentre des enjeux écologiques singuliers, entre récifs coralliens, présence de cétacés et mangroves jouant un rôle d’amortisseur face aux événements climatiques. Le partenariat prévoit le financement d’actions de surveillance de la biodiversité, de suivi de la qualité de l’eau et des sédiments, de lutte contre les espèces invasives, ainsi que des opérations de renaturation et de préemption foncière destinées à reconstituer des réservoirs de biodiversité. Une approche qui complète les investissements techniques par une dimension écologique structurelle.
« Aux côtés de la Banque des Territoires, nous accélérons des projets structurants en matière d’énergie, de résilience et d’innovation, pour faire du port un outil au service du territoire et un acteur majeur de la logistique caribéenne. »
Bruno Mence, président du directoire du GPMLM

Un hub logistique caribéen en transformation
Au-delà de ses infrastructures (terminal à conteneurs, terminal croisière, gare maritime inter-îles, plateforme pétrolière, pôle de réparation navale), le GPMLM entend consolider son rôle de plateforme régionale. Le partenariat avec la Banque des Territoires s’ajoute à une dynamique de digitalisation et de modernisation des équipements déjà engagée. Pour la Banque des Territoires, présente en Antilles-Guyane via sa direction régionale, l’accord vient renforcer un portefeuille ultramarin déjà conséquent, articulé autour de la transition écologique et de la cohésion territoriale. Les 37 implantations locales de l’établissement couvrent l’ensemble des territoires métropolitains et ultramarins.
Philippe PIED





