L’intervention de Benito Wheatley, envoyé spécial des Îles Vierges britanniques, lors du séminaire régional de l’ONU sur la décolonisation à Managua, rappelle qu’à quatre ans de l’échéance de 2030, le processus mondial de décolonisation demeure inachevé.
Au nom de son territoire, il a demandé au Comité spécial de la décolonisation (C24) d’utiliser plus activement ses missions de visite et ses « bons offices » afin de faciliter le dialogue entre les puissances administrantes et les territoires non autonomes. Selon lui, ces outils restent sous-exploités alors qu’ils pourraient accélérer les progrès vers l’autodétermination.
Une stratégie pragmatique
Les Îles Vierges britanniques ne réclament pas une indépendance immédiate en ce qui les concerne. Elles privilégient une autonomie interne renforcée dans le cadre de négociations constitutionnelles avec le Royaume-Uni. Un référendum prévu en 2031 doit permettre à la population de choisir entre l’intégration, la libre association ou l’indépendance.
Un message adressé aux puissances administrantes
L’appel vise directement les quatre puissances administrantes encore reconnues par l’ONU : le Royaume-Uni, les États-Unis, la France et la Nouvelle-Zélande. La France est concernée à travers la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, toujours inscrites sur la liste des territoires non autonomes.
L’ONU face à un test de crédibilité
Au-delà du cas des BVI, cette intervention pose la question de la capacité réelle de l’ONU à achever le processus de décolonisation engagé depuis 1960. En avertissant que la pertinence même du C24 pourrait être remise en cause en l’absence de progrès significatifs d’ici 2030, Benito Wheatley place l’organisation internationale face à ses responsabilités.
Soixante-six ans après la résolution 1514, dix-sept territoires demeurent inscrits sur la liste onusienne. L’enjeu n’est plus seulement leur avenir institutionnel, mais aussi la crédibilité du système international chargé de les accompagner vers l’autodétermination.
Vous aurez remarqué que Martinique, Guadeloupe et Guyane pour ne parler que de ceux-là ne figurent pas sur la liste des territoires à décoloniser.
Gérard Dorwling-Carter





