Signée par l’État et la CTM, la nouvelle feuille de route pour la transition écologique prévoit 229 actions concrètes pour rendre l’île plus résiliente. Issue de trois années de concertation, elle vise à accélérer la réduction des émissions, renforcer l’autonomie énergétique et mieux gérer les ressources, dans un contexte d’urgence climatique et de fortes contraintes budgétaires.
L’État et la CTM ont signé une feuille de route pour la transition écologique. 229 actions pour une Martinique plus durable à l’horizon 2030. Le préfet Étienne Desplanques et Arnaud René-Corail pour Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM ont signé ce matin cette feuille de route issue de la réflexion des 3 COP qui se sont déroulées dans le territoire ainsi que des consultations réalisées auprès d’un millier de Martiniquais soit trois années de travail. L’objectif est de faire de l’île un véritable territoire de résilience malgré le Covid, les guerres commerciales, les crises énergétiques et environnementales. “On est encore trop dépendant à l’énergie fossile, à une mauvaise circularisation de nos déchets et finalement les besoins en autonomie énergétique se font cruellement sentir”, explique Alexandre Ventadour, conseiller territorial, président des commissions attractivité et transitions écologique et énergie notamment.
6 millions d’euros pour le Fonds vert
Avec la signature de cet accord, La CTM et l’État entendent montrer leur alignement sur les enjeux du développement durable tels que l’énergie renouvelable ou la préservation de la biodiversité martiniquaise. Le préfet évoque même “une urgence climatique” à agir. “Une urgence qui nous impose de mobiliser tous les secteurs d’activité. Cette planification crée du consensus sur un sujet qui n’est pas si consensuel. L’autre intérêt de ce document est qu’il regroupe toutes les problématiques de transition écologiques.” En 2026, l’État mettra sur la table 6 millions d’euros pour le Fonds vert. “Cette feuille de route va être notre guide pour la beaucoup de financement”.

Au cœur de cette feuille de route, la lutte pour la réduction des gaz à effet de serre, l’adaptation au changement climatique et une meilleure gestion de ressources. Ordonner et prioriser sont les maîtres-mots de cet accord signé entre l’État et la collectivité sur des actions qui sont pour certaines déjà engagées. “Les Martiniquais en voient déjà les effets comme l’augmentation de la part d’énergie renouvelable dans notre électricité, la lutte contre les espèces envahissantes”, partage Alexandre Ventadour. Parmi les points noirs de transition écologique, les déchets et l’assainissement. “On importe 90% de ce que l’on consomme. On en recylcle pas assez. Trop de déchets arrivent dans les exutoires. On incinère et on enterre trop”, poursuit le conseiller territorial. Tandis que l’entretien et la rénovation du réseau d’eau s’élèveraient à plus de 300 millions d’euros. Y a t-il l’argent pour cette transition? “Nous devons arriver à lever des fonds, prendre de la valeur là où il y en a. La transition d’un territoire tel que le nôtre aussi avancé dans ses usages, dans son parc roulant, ne se fera pas si on ne va pas chercher de l’argent supplémentaire”, répond Alexandre Ventadour. Pour cet argent supplémentaire, la CTM compte sur les fonds européens et privés.
La transition : « une affaire de tous »
La feuille de route fixe des priorités fermes pour réduire la production de CO2, protéger la biodiversité. Elle touche à l’industrie, au mode d’alimentation des Martiniquais, à la protection du littoral notamment. Elle sera surtout une boussole pour les financements qui seront accordés par l’État. “Les financements des collectivités et de l’État ne seront pas légion dans les années qui viennent. Nous sommes tous face à une contrainte budgétaire. Notre choix va très clairement aller vers financer tout ce qui contribue à la transition écologique ”, affirme Étienne Desplanques. Il poursuit : ”Cette feuille de route permet d’embarquer toute la population. La transition implique des modifications de comportements, son mode de transport, sa façon d’habiter, moins dépendre des énergies carbonées, participer au circuit court d’alimentation. Défendre la transition écologique n’est pas qu’une affaire des institutions, c’est une affaire de nous tous dans notre quotidien.”
Laurianne Nomel





