Fermer le menu
ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités créatives de ANTILLA concernant l'art, le design et les affaires

    Les tendances du moment

    Sécheresse : quand les filières agricoles se serrent les coudes face à l’urgence

    août 13, 2026

    André Prosper : « Aujourd’hui, nous sommes dans la sauvegarde de l’élevage bovin martiniquais »

    août 13, 2026

    Sécheresse : quand la banane vient au secours des éleveurs martiniquais

    août 13, 2026
    Facebook X (Twitter) Instagram
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    • Rubriques
      • Édito de Henri PIED
      • Ecologie / Environnement
      • Art/Culture
      • Caraïbe
      • Entreprises
      • Le Regard de Gdc
      • Patrimoine
      • Politics
      • Santé
      • Sports
      • Tribunes
    • Nos dossiers
      • Grandes figures
        • Édouard Glissant
        • Aimé Césaire
        • Frantz Fanon
        • Pierre Aliker
        • Camille Darsières
        • Alfred Marie-Jeanne
        • Patrick Chamoiseau
        • Raphaël Confiant
        • Serge Letchimy
      • Grands enjeux
        • Sargasses
        • Rhum
        • Vie chère
        • La presse en Martinique
      • Portrait ou enquête
    • À propos
      • Qui sommes-nous ?
      • Kit média
    • Contact
    • Changer la langue en English
    annonces
    ABONNEMENT
    ANTILLA MARTINIQUE | Avec vous depuis 1981
    Home » Outre-mer : l’urgence d’une réforme fiscale
    Actualité Tribunes

    Outre-mer : l’urgence d’une réforme fiscale

    avril 15, 2026Mise à jouravril 15, 2026Aucun commentaire
    Facebook LinkedIn WhatsApp

    Outre-mer : l’urgence d’une réforme fiscale

    de bon sens

    Corriger une distorsion fiscale devenue insoutenable — et voter la loi qui le

    permettra

    Par Jean Claude Florentiny

    Dans un monde traversé par des tensions géopolitiques durables, la logistique

    mondiale est devenue un facteur déterminant de l’inflation. Conflits au Moyen-

    Orient, perturbations des routes maritimes, hausse des coûts énergétiques, tensions

    sur les assurances : autant de facteurs qui renchérissent le transport des

    marchandises à l’échelle globale. Ces phénomènes impactent l’ensemble des

    économies. Mais dans les Outre-mer, leurs effets sont démultipliés. Pourquoi ? parce

    que nos territoires dépendent massivement des importations, et parce que chaque

    produit consommé doit traverser des milliers de kilomètres avant d’arriver sur nos

    étals.

    Un contexte marqué par des signaux positifs, mais insuffisants

    Dans ce paysage tendu, certaines initiatives méritent d’être saluées. Ainsi, la

    compagnie CMA CGM a récemment annoncé qu’aucune surcharge ne serait appliquée

    sur les tarifs de fret à destination des Outre-mer. Une décision responsable, qui

    contribue à limiter l’impact immédiat des tensions internationales sur nos

    approvisionnements.

    Mais cette mesure, aussi positive soit-elle, reste conjoncturelle et temporaire. Le

    problème de fond, lui, est structurel. Il ne se résoudra pas par des décisions volontaires

    d’acteurs privés, aussi bienveillantes soient-elles. Il appelle une réponse législative.

    Une inflation importée… et fiscalement amplifiée

    Face à cette réalité, un constat s’impose : notre système fiscal contribue,

    structurellement, à amplifier la hausse des prix. Aujourd’hui, les droits et taxes à

    l’importation sont calculés non seulement sur la valeur des marchandises, mais aussi

    sur le coût du transport et les frais d’assurance — c’est ce que l’on appelle la base CIF

    (Cost, Insurance, Freight). Autrement dit : plus le fret augmente, plus la fiscalité

    augmente. Dans un contexte international instable, ce mécanisme agit comme un

    accélérateur d’inflation, totalement déconnecté de la valeur réelle des biens importés.

    Ce système, hérité de conventions douanières internationales, n’a pas été conçu pour

    des territoires ultramarins dépendants du transport longue distance. Il pénalise

    structurellement les importateurs, les opérateurs économiques et, au bout de la

    chaîne, les consommateurs.

    NDLR. En période de forte inflation attendue avec le blocage du Détroit d’Ormuz, la

    hausse des matières sera démultipliée…La réforme de l’assiette : simple dans son principe, décisive dans ses

    effets

    La solution est connue et techniquement maîtrisable. Il s’agit de calculer les droits et

    taxes non plus sur la base CIF, mais uniquement sur le montant facturé des

    marchandises — leur valeur intrinsèque, hors coûts de transport et d’assurance. En

    d’autres termes : taxer ce que vaut le produit, non ce qu’il coûte à acheminer.

    Cette réforme s’appliquerait à la fois au fret maritime et au fret aérien. Elle permettrait

    de désindexer la fiscalité des aléas logistiques mondiaux…, de réduire mécaniquement

    les droits et taxes à l’importation, et d’atténuer la transmission de l’inflation à la

    consommation finale.

    ⚠️ Une réforme qui nécessite une loi

    Cette réforme ne peut être mise en œuvre par simple circulaire ou décision

    administrative. Elle implique une modification de l’assiette des droits de douane

    et des taxes à l’importation, qui relève du domaine législatif au sens de l’article

    34 de la Constitution. C’est une loi — et plus précisément une loi de finances ou

    une loi spécifique aux Outre-mer — qui devra consacrer ce changement de base

    taxable. La future loi dite « vie chère » constitue à cet égard une fenêtre

    législative décisive, qu’il serait irresponsable de laisser passer.

    Une avancée majeure dans le cadre de la loi « vie chère »

    Dans la perspective de la future loi « vie chère », ce mécanisme constituerait une

    avancée structurante. Il permettrait d’agir directement sur l’un des principaux

    déterminants des prix dans les Outre-mer : les frais d’approvisionnement. En

    réduisant la base taxable, les coûts à l’importation diminuent, les prix peuvent être

    contenus, et la pression sur les ménages comme sur les entreprises s’allège

    mécaniquement.

    Contrairement aux dispositifs ponctuels de gel des prix ou aux boucliers tarifaires —

    dont l’efficacité est limitée dans le temps —, cette baisse serait structurelle et pérenne.

    Une opportunité pour repenser nos échanges régionaux

    Au-delà de la question des prix, cette réforme ouvre une perspective stratégique. En

    réduisant les coûts de revient des marchandises, elle favoriserait les échanges intra-

    caribéens et le développement du cabotage entre les îles. Elle agirait comme un

    véritable accélérateur des échanges dans notre environnement.

    Aujourd’hui, les flux commerciaux des Outre-mer sont majoritairement orientés vers

    l’Europe. Demain, ils pourraient être davantage ancrés dans notre environnement

    naturel : la grande Caraïbe. Cette réorientation constitue un levier concret pour

    renforcer l’ancrage régional des Antilles-Guyane françaises, développer des circuits

    économiques de proximité, et accompagner une intégration progressive au sein de la

    CARICOM. Elle participe d’un changement de modèle : passer d’une logique de

    dépendance à une logique d’intégration.Une réforme qui ne remet pas en cause l’octroi de mer

    Il est essentiel de le préciser sans ambiguïté : cette réforme ne vise pas à supprimer

    l’octroi de mer. Au contraire, elle vise à le moderniser, à le rendre plus lisible et à en

    améliorer l’efficacité économique. Toute fiscalité contribue, par définition, à la hausse

    des prix pour le consommateur final ; l’octroi de mer n’est donc pas la seule taxe en

    cause dans le différentiel de coût entre l’Hexagone et les Outre-mer.

    La TVA, qui s’applique non seulement aux biens mais aussi aux services, pèse

    nettement davantage dans la formation des prix, même si, à la différence de l’octroi de

    mer, elle est en principe récupérable pour les entreprises. L’enjeu n’est donc pas

    d’ériger l’octroi de mer en bouc émissaire, mais de clarifier les rôles respectifs de

    chaque taxe et d’optimiser leur articulation.

    Dans cette logique de transparence, l’octroi de mer devrait faire l’objet d’un affichage

    clair et systématique chez les importateurs, distributeurs et commerçants, afin que

    chacun puisse identifier sa part exacte dans le prix final payé en caisse.

    L’octroi de mer demeure un outil légitime de protection de la production locale — à

    condition qu’il s’applique sur une assiette cohérente avec la réalité économique des

    territoires. Des évolutions complémentaires pourraient être engagées dans le même

    mouvement législatif, notamment la réduction du nombre de taux, ceci pour une

    meilleure transparence mais aussi une meilleure traçabilité de la fiscalité locale. Nous

    ajoutons que les dotations en fortes baisses sur nos territoires doivent être compensées

    pour amortir les baisses de recettes allouées à nos collectivités.

    Une condition indispensable : garantir la répercussion sur les prix

    Une réforme fiscale n’a de sens que si ses effets sont visibles pour le consommateur

    final. Il est donc indispensable que la loi prévoie des mécanismes de transparence et

    des contrôles renforcés, pour s’assurer que la baisse des coûts d’importation se traduit

    effectivement en baisse des prix à la consommation. L’Etat doit également adapter

    Une réforme de bon sens devenue urgente

    Dans un monde instable, les Outre-mer sont en première ligne. Nous ne pouvons plus

    nous permettre de conserver un système fiscal qui amplifie les crises au lieu de les

    amortir. Réformer l’assiette des droits et taxes, c’est agir concrètement contre la vie

    chère, protéger le pouvoir d’achat, renforcer la résilience économique de nos

    territoires et accélérer leur intégration régionale.

    Cette réforme est techniquement faisable. Elle est économiquement

    nécessaire. Elle est politiquement légitime. Il reste à lui donner la seule

    chose qui lui manque encore : une loi.

    En somme, c’est faire un choix simple et courageux : ne plus taxer la distance,

    mais valoriser la proximité.

    Jean Claude Florentiny

    Dirigeant du cabinet d’expertise Global Services & Logistics

    Conseiller du commerce extérieur extérieur

     

     

    ARTICLES SEMBLABLES

    Sécheresse : quand les filières agricoles se serrent les coudes face à l’urgence

    août 13, 2026

    André Prosper : « Aujourd’hui, nous sommes dans la sauvegarde de l’élevage bovin martiniquais »

    août 13, 2026

    Sécheresse : quand la banane vient au secours des éleveurs martiniquais

    août 13, 2026
    Ajouter un commentaire

    Les commentaires sont désactivés.

    Actualités de la Caraïbe
    Caraïbe

    Sainte-Lucie lance officiellement une allocation de 1 000 EC$ pour les nouveau-nés

    Source: St  Lucia times Par Quinn St. Juste Dans le cadre de ce programme, les mères de nouveau-nés éligibles et enregistrés recevront une allocation…

    Les délégués de l’OECO font le point sur les stratégies de gestion des sargasses suite à leur mission dans les territoires français

    août 2, 2026

    Pierre : L’émancipation est inachevée sans liberté économique.

    août 2, 2026

    Les recherches sur les requins menées aux îles Caïmans sont débattues sur la scène internationale.

    août 1, 2026

    Soufrière se classe deuxième parmi les destinations touristiques les plus heureuses au monde

    août 1, 2026
    INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE CHAÎNE !
    Publiez vos annonces Légales

    Abonnez-vous

    Recevez les dernières actualités de Antilla Martinique.

    Merci ! Votre demande a bien été prise en compte.

    Consultez les annonces légales
    Consulter nos anciens numéros
    Nos différentes rubriques
    Archives
    © 2026 Copyright ANTILLA. Tous drois réservés. Programmé par ANTILLA.
    • CONTACT
    • MARKETING
    • MENTIONS LÉGALES
    • ANNONCES LÉGALES
    • À PROPOS D’ANTILLA

    Saisissez votre recherche ci-dessus, puis appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Esc pour annuler.