Un article de Mediapart consacré à la répartition des aides européennes Poséi dépasse largement la seule question des subventions à la banane. Il met en lumière le débat sur le modèle agricole des Outre-mer.
La filière bananière est au cœur de l’économie antillaise. Héritière de l’économie de plantation, elle concentre une part importante des terres, des infrastructures et des soutiens publics. La concentration foncière historique demeure un enjeu majeur.
Le scandale du chlordécone a durablement contaminé les sols et les eaux, remettant en cause la légitimité environnementale de la monoculture intensive.
Le Poséi, créé en 1989, vise à compenser les handicaps des régions ultrapériphériques. En pratique, les grandes filières d’exportation bénéficient de l’essentiel des soutiens, tandis que la diversification agricole reste insuffisamment financée.
L’accès aux aides est souvent conditionné à l’appartenance à une Organisation de producteurs, ce qui favorise les exploitations les plus structurées et pénalise de nombreux producteurs indépendants mal organisés
La dépendance alimentaire alimente la vie chère en raison du recours massif aux importations.
La réforme européenne de 2028 oppose deux visions : maintenir le soutien à la banane, premier employeur privé, ou rééquilibrer les aides en faveur de la souveraineté alimentaire.
L’enjeu central est de concilier maintien de la filière d’exportation et développement d’une agriculture locale, diversifiée et résiliente. Gdc





