Souveraineté alimentaire. Plus que des mots la CTM souhaiterait en faire une réalité. Pour ce faire, la collectivité a organisé jeudi, une conférence réunissant les acteurs de la filière alimentaire. Chambre d’agriculture, politiques ou encore Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Tous étaient présents à Cluny à l’hôtel de la CTM, salle Camille-Darsières.
Il a été question de réchauffement climatique, de vieillissement des agriculteurs en activité et de malbouffe. Un état des lieux des perspectives liées au marché local a été dressé. La production agricole est en berne. Il y a de moins en moins d’agriculteurs et ils sont de plus en plus vieux avec une moyenne d’âge s’élevant à 56 ans.
Or, pour la CTM, cette souveraineté alimentaire doit passer par davantage de production locale. Mais cette dernière est en nette diminution. La production locale est passée sous la barre des 20 000 tonnes en 2025. « Il y a trente ans de cela, nous étions au-dessus de ces 20 000 tonnes. Notre objectif est de remonter à 30 000 tonnes pour mieux satisfaire le marché interne », explique Nicaise Monrose, conseiller exécutif, en charge de l’agriculture et de l’économie. Plus de production doit passer par sortir de la monoculture qui balance entre la canne à sucre et la banane. « Nous devons faire en sorte que nos exploitants agricoles notamment ceux qui pratiquent des productions de diversification et livrent sur le marché interne puissent vivre. »

Les exploitants agricoles et à fortiori les plus petits doivent faire face à un véritable mille feuilles administratif lorsqu’il s’agit de demande de subventions. « En matière agricole, les politiques sont d’obédience européenne que ce soit le POSEI, l’aide au revenu ou le Feader, l’aide à l’investissement. Il s’agit de fonds européens. Quand on parle de lourdeurs administratives, il y a certainement, une part de responsabilité de la CTM mais nous appliquons des règlements européens qui s’imposent à nous. »
60% des ouvriers agricoles travaillent dans la banane
À son échelle, la CTM tente de dynamiser et diversifier l’agriculture locale avec en l’adoption du marché d’intérêt régional qui tarde à se mettre en place. « Nous avons adopté en 2022 un plan de diversification d’autonomie alimentaire par la diversification en comptant sur les exploitations agricoles. Nous défendons bec et ongles cette agriculture qui est ignorée par les politiques agricoles. Nous avons fermement l’intention de défendre cette orientation qui est la nôtre pour défendre la diversification agricole, la souveraineté alimentaire. » Il poursuit : « L’objectif de ce marché d’intérêt territorial est de rassembler la production qu’elle soit issue d’agriculteur individuel, qu’elle soit de coopérative agricole pour que les consommateurs puissent trouver la diversité de produits qu’ils attendent sur nos marchés que ce soit dans la grande distribution ou dans les marchés de communes. »

Signe de l’hégémonie de la culture de la banane, en Martinique, 60% des ouvriers agricoles travaillent dans la banane. « Nous voulons faire en sorte qu’à partir des exploitations qui existent, on leur redonne le goût de et l’intérêt de produire. Il faut booster en mettant l’argent là où il faut. Le POSEI ne peut pas aller à 80% à une seule production, ça doit irriguer l’ensemble de la production agricole martiniquaise. C’est la position que nous défendons depuis quatre ans à la CTM. »
Laurianne Nomel





