L’essentiel. Réunis pour la première fois à la rentrée du Medef, les sept principaux candidats ont confronté leurs projets devant des chefs d’entreprise préoccupés par la dette, la compétitivité et l’avenir du modèle social. Courtois mais animé, le débat a fait apparaître de profondes divergences et installé l’économie comme l’un des thèmes majeurs de la présidentielle de 2027.
Un premier débat très politique
Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen ont participé à cette première confrontation collective, à moins de huit mois du scrutin. Les échanges ont porté sur la dette publique, les retraites, la réindustrialisation, la souveraineté économique, la concurrence chinoise, la simplification administrative, les salaires et le coût du travail.
Tous ont dressé, avec des nuances, un constat sévère de la situation française après neuf années de présidence Macron. Bruno Retailleau a dénoncé l’échec des deux quinquennats et un État trop lourd. Marine Le Pen, Marine Tondelier, Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon se sont montrés tout aussi critiques. Gabriel Attal et Édouard Philippe ont peu défendu le bilan présidentiel, préférant mettre en avant leurs propres priorités.
Des orientations nettement opposées
Les propositions présentées révèlent des visions économiques et sociales très différentes. Bruno Retailleau défend une part de retraite par capitalisation et souhaite relier l’âge de départ à l’espérance de vie. Gabriel Attal veut réduire certaines dépenses sociales et revenir sur les hausses du coût du travail intervenues depuis 2024. Raphaël Glucksmann promet une révolution écologique dès le début du quinquennat. Marine Le Pen entend diminuer le train de vie de l’État. Jean-Luc Mélenchon propose le retour de la planification économique et appelle les entreprises à augmenter les salaires afin de soutenir l’activité.
La dette au centre de la confrontation
Le principal affrontement a opposé Jean-Luc Mélenchon à Édouard Philippe. Le dirigeant de La France insoumise a défendu l’annulation d’une partie de la dette publique. Édouard Philippe lui a répondu qu’une telle orientation risquerait de couper la France de ses financeurs. Les anciens Premiers ministres Édouard Philippe et Gabriel Attal ont toutefois été renvoyés à leur propre responsabilité dans l’augmentation de la dette durant les années Macron.
Le RN attendu sur la crédibilité de son projet
Marine Le Pen, favorite des sondages selon l’article, a annoncé un plan d’économies de 125 milliards d’euros avant la présentation du premier budget de son éventuel quinquennat. Cette promesse, accompagnée d’une trajectoire de redressement des comptes publics, devra être précisément documentée. Le débat s’est par ailleurs tenu au moment où le conseiller économique recruté par Jordan Bardella, François Durvye, quittait la campagne de la candidate du Rassemblement national.
Un débat utile, mais encore insuffisant
Cette première joute a permis aux candidats de fixer leurs lignes directrices et de tester certaines propositions. Elle a aussi laissé plusieurs dirigeants d’entreprise sur leur faim, certaines réponses s’éloignant des questions posées ou manquant de précisions. Le rendez-vous du Medef marque néanmoins une étape importante : la campagne présidentielle est désormais engagée sur le terrain économique, et chacun devra démontrer la cohérence, le financement et la faisabilité de son programme. Gdc





