La saison cyclonique 2026 s’ouvre le 1er juin sous un scénario paradoxal. El Niño laisse présager une activité moins intense. Cependant, le CARICOF alerte sur une sécheresse aggravée et des phénomènes précoces. De la Martinique à Antigua, les enjeux se complexifient.
Le tableau s’annonce contrasté pour la Caraïbe. D’un côté, les grandes agences prévoient une saison atlantique en retrait. De l’autre, les climatologues régionaux pointent des signaux préoccupants. Tour d’horizon.
Saison cyclonique 2026 : prévisions de la NOAA
Les prévisionnistes américains ont livré leur verdict le 21 mai. La NOAA prévoit une saison avec 8 à 14 tempêtes nommées. Elle anticipe 3 à 6 ouragans et 1 à 3 ouragans majeurs. Par ailleurs, l’agence donne 55 % de probabilité à ce scénario en retrait.
Le facteur clé tient en deux mots : El Niño. Ce phénomène devrait réduire le nombre de systèmes tropicaux. Il s’oppose à la température de l’océan Atlantique et aux alizés plus faibles. Ensemble, ces éléments favorisent normalement les tempêtes.
Ken Graham, directeur du National Weather Service, tempère l’optimisme. Il rappelle que malgré l’effet suppressif d’El Niño, l’incertitude demeure. Une seule tempête peut rendre une saison très mauvaise. La vigilance reste de mise.
Autres instituts alignés sur les prévisions
Les centres de référence vont dans le même sens. The Weather Channel mise sur 12 tempêtes nommées. Il anticipe 6 ouragans et 2 ouragans majeurs. L’Université d’État de Caroline du Nord prévoit aussi une activité inférieure à la moyenne.
Du côté français, Météo-France Martinique confirme la tendance générale. Les centres annoncent 8 à 14 cyclones nommés. Parmi ceux-ci, 3 à 7 ouragans et 1 à 3 ouragans majeurs sont attendus. Toutefois, un point crucial émerge.
Les températures superficielles de l’Océan Atlantique resteront proches ou légèrement supérieures aux normales. Cette situation favorise une plus grande proportion de phénomènes intenses. Le nombre total peut être plus faible mais les impacts plus sévères.
Saison cyclonique 2026 : alertes du CARICOF sur sécheresse
Le Centre régional du climat des Caraïbes nuance fortement l’optimisme apparent. La chaleur inhabituelle persiste dans l’océan Atlantique Nord tropical. Dès avril, cela pourrait conduire à une activité météorologique sévère. Plusieurs points de la zone sont concernés.
Autre point d’alerte majeur : la sécheresse. Le CARICOF signale un risque élevé de crues soudaines. Les inondations menacent avril-mai. Une sécheresse longue duree s’annonce imminente à Grenade, Saint-Vincent, en Martinique et en Dominique.
De plus, cette sécheresse pourrait s’étendre à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Le nord de la République dominicaine est également concerné. L’équation devient délicate pour le bassin oriental.
Moins de cyclones mais plus de chaleur et d’assèchement
Moins de cyclones, mais des températures records et une pression hydrique accrue. Les conditions ENSO neutres dans le Pacifique basculeront vers un El Niño significatif d’ici juillet. La saison caribéenne sera marquée par des vagues de chaleur en hausse. Les taux d’évaporation élevés favorisent la poursuite de la sécheresse dans l’est et le sud.
Saison cyclonique 2026 : mobilisation de Saint-Martin à la Martinique
Sur le terrain, les autorités ne baissent pas la garde. À Saint-Martin, où la mémoire d’Irma reste vive, la Collectivité renouvelle ses consignes. Elle demande aux hôteliers et syndics d’engager des travaux d’élagage. Les végétaux doivent être coupés en prévention d’un phénomène cyclonique.
Par ailleurs, dès la vigilance rouge, les gérants de stations-service doivent fermer leur établissement. Tous les distributeurs automatiques de carburants sont mis hors service. Ces mesures réduisent les risques de propagation d’incendie.
En Martinique, la préfecture insiste sur la responsabilité individuelle. Étienne Desplanques, préfet, résume la doctrine. Se préparer suppose que les générateurs électriques soient prêts. Chaque famille doit disposer d’un kit de sécurité – eau, lampes, radio. Chacun doit retirer tous les objets dangereux. Les branches d’arbres doivent être élaguées. Tout ce qui traîne dans le jardin doit être rangé.
Vigilance permanente malgré les prévisions
Le message officiel converge donc d’île en île : un seul cyclone suffit. Il peut impacter un territoire fortement. Il laisse une trace de saison catastrophique. La préparation et le suivi doivent être identiques quelle que soit l’activité prévue.
Le souvenir récent invite à l’humilité. En 2024, trois ouragans de catégorie 5 se sont succédé. C’était du jamais vu depuis l’ère satellitaire. Le changement climatique augmente la probabilité d’événements intenses. Les prévisions globales deviennent moins prédictives des impacts réels.
Autrement dit, El Niño peut rebattre les cartes de la saison cyclonique 2026. Il ne dispense personne de tenir son kit prêt jusqu’au 30 novembre. La protection passe avant tout par la préparation individuelle.





