En poste depuis le 1er août, Lionel Mazaud, nouveau directeur général de la Sara, a présenté ses priorités. Pas de pénurie en vue, assure-t-il. Il a aussi détaillé le modèle de la raffinerie et la préparation du grand arrêt de 2028
Une nouvelle tête à la direction de la Sara. Lionel Mazaud a pris ses fonctions le 1er août. Le tout nouveau directeur arrive dans un contexte délicat. Les prix à la pompe flambent. Pour ce mois d’octobre, le gasoil est à 2,27€ et le sans-plomb atteint les 2,10€. Fort de près de trente ans d’expérience dans l’industrie pétrochimique et le raffinage, l’ingénieur de formation vise trois objectifs principaux.
Lundi, Lionel Mazaud a fait preuve pédagogie. « Les molécules sont sécurisées », assure le nouveau directeur général de la Sara. L’approvisionnement se prépare 80 jours avant l’arrivée des bateaux. Il ne voit « pas de signe » de difficulté pour la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, alors qu’en Asie, note-t-il, certains pays connaissent la pénurie. Les prix, eux, suivent selon lui l’instabilité mondiale. Une cargaison de brut a été payée 70 millions en début d’année, une autre 111 millions. Celle attendue vers décembre est annoncée à 90 millions.

Ingénieur de 55 ans, Lionel Mazaud a passé une trentaine d’années dans le raffinage et la pétrochimie, dont environ 25 chez Total, toujours en usine. Il était déjà passé par la Sara lors d’une mission RH au milieu des années 2000.
Une rémunération fixe
« Une entreprise ne peut pas vivre dans un territoire aux dépens du territoire », explique-t-il. Environ 98 % des salariés en sont issus, et la Sara est une entreprise à mission. Le modèle, tel qu’il le décrit : acheter le brut au meilleur prix, le raffiner, compléter avec des produits finis, et revendre à prix coûtant. « Sara ne fait aucun bénéfice là-dessus », assure-t-il. La société est rémunérée pour son service : 23,5 millions d’euros par an et environ 800 millions de capitaux engagés. « Que le pétrole brut soit cher soit pas cher, que les produits finis soient chers soient pas chers, cela ne change strictement rien à la rémunération de Sara. » Les prix à la pompe sont fixés par le marché et validés par la préfecture, précise-t-il.
Pourquoi pas de brut vénézuélien
On lui parle souvent du brut vénézuélien. Chaque raffinerie a son « design », répond-il. Celle de la Sara a été dimensionnée en 1971 pour des bruts de la mer du Nord. Les bruts vénézuéliens, lourds et chargés en soufre, donnent surtout du fioul et du bitume, alors que la Sara doit produire de l’essence et du gazole. « Donc les bruts vénézuéliens ne nous intéressent pas. »
Cap sur le grand arrêt de 2028
L’objectif principal reste de faire tourner la raffinerie. Après le grand arrêt de 2021, en pleine période Covid, le redémarrage a été compliqué confie Lionel Mazaud. En 2026, le taux de disponibilité et de fiabilité est « très élevé », selon lui. Le prochain grand arrêt, opération qui tombe à échéance tous les sept ans, est prévu en 2028.
Son prédécesseur, Olivier Cotta, avait « largement anticipé et préparé ces éléments », note le directeur général. D’où, dit-il, « une certaine forme de continuité ».





