Face aux interrogations et aux critiques suscitées ces derniers jours par les évolutions tarifaires et la situation financière d’ODYSSI, son nouveau président, Yan Monplaisir, a choisi de prendre publiquement la parole. Dans un communiqué diffusé le 29 mai 2026, il expose la stratégie qu’il entend conduire pour redresser durablement l’établissement chargé de l’eau potable et de l’assainissement sur le territoire de la CACEM.
Le document se veut à la fois une réponse aux nombreuses réactions observées sur les réseaux sociaux et un message de clarification adressé aux usagers. Yan Monplaisir y affirme que les décisions engagées ne visent pas à corriger artificiellement les comptes de l’établissement, mais à poursuivre et amplifier le travail de redressement déjà engagé sous la précédente présidence de Daniel Chomet.
Selon le président d’ODYSSI, la situation actuelle impose une série de réformes structurelles portant notamment sur la maîtrise des dépenses, le renforcement des procédures de contrôle, l’amélioration du recouvrement, l’optimisation des performances du réseau, la réduction des fuites et la mobilisation de financements publics et européens.
L’un des points centraux du communiqué concerne l’évolution tarifaire. Yan Monplaisir rappelle qu’aucune augmentation des tarifs n’est intervenue depuis dix-sept ans alors que l’inflation aurait progressé d’environ 35 % sur la même période. Il estime que ce décalage fragilise aujourd’hui la capacité de l’établissement à assurer pleinement ses missions de service public.
Le président souligne toutefois que cette évolution des tarifs s’accompagnera de dispositifs sociaux destinés à protéger les publics les plus fragiles, notamment par la mise en place d’un tarif social et d’un volume minimal d’eau gratuit pour les personnes concernées. Il précise également qu’après cette révision, les tarifs appliqués dans la zone CACEM demeureraient inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres secteurs de la Martinique.
Au-delà des chiffres, Yan Monplaisir présente cette démarche comme un choix de responsabilité destiné à garantir la pérennité du service public de l’eau et de l’assainissement. Il insiste sur la nécessité de disposer des moyens financiers permettant d’entretenir les infrastructures, de moderniser le réseau et d’améliorer la qualité du service rendu aux usagers.
Dans son texte, il rappelle également exercer ses fonctions à titre bénévole et affirme vouloir conduire ce redressement dans un esprit de transparence, de méthode et de détermination.
La question de l’eau demeure l’un des sujets les plus sensibles pour les Martiniquais. Entre attentes des usagers, contraintes financières, état des réseaux et impératif de continuité du service public, le débat est loin d’être clos.
Afin de mieux comprendre les enjeux, les objectifs poursuivis et les conséquences concrètes des décisions annoncées, Antilla publiera très prochainement une interview approfondie de Yan Monplaisir. L’occasion d’aborder en détail la situation financière d’ODYSSI, la question des tarifs, les investissements programmés, la lutte contre les pertes d’eau et la vision du nouveau président pour l’avenir du service public de l’eau en Martinique.
Philippe PIED
LE COMMUNIQUÉ







