En relevant à nouveau ses taux, la BCE actionne un levier que la Martinique subit sans le maîtriser. Le 10 septembre, elle les a augmentés de 0,25 point pour contenir une inflation européenne remontée à 3,3 %, sous l’effet de l’énergie.
Cette décision renchérira les nouveaux crédits des ménages, entreprises et collectivités. En Martinique, l’immobilier reste proche de 3,12 %, mais les prêts à la consommation atteignent 7,13 % et les découverts 10,80 %. Les plus fragiles seront les premiers touchés.
Paradoxe manifeste : l’inflation martiniquaise n’était que de 1 % en juillet.
Le territoire reçoit un traitement conçu pour une fièvre qu’il ne connaît pas encore, alors que 80 % de sa consommation est importée. La Martinique ne pèse pas sur la politique monétaire européenne. Elle peut toutefois agir sur ses propres faiblesses : production, transport, distribution et concurrence. La dépendance ne vient donc pas seulement de Francfort, mais aussi de ce que nous ne décidons pas ici. GDC