Le renouvellement de 178 sièges n’a pas renversé la majorité sénatoriale de droite et du centre. Mais, pour la première fois sous la Ve République, le Rassemblement national et ses alliés de l’UDR devraient disposer d’un groupe au Palais du Luxembourg. En Martinique, aucun siège n’était soumis au vote dimanche.
Les grands électeurs ont renouvelé dimanche 27 septembre près de la moitié du Sénat. Au total, 178 sièges étaient à pourvoir dans 63 départements et pour les Français établis hors de France. Comme lors de chaque scrutin sénatorial, les citoyens n’ont pas voté directement : les sénateurs sont élus par un collège composé principalement de maires, de conseillers municipaux et de délégués des conseils municipaux.
Le résultat majeur de ce scrutin est l’entrée de l’extrême droite dans l’hémicycle. Le Rassemblement national, l’UDR d’Éric Ciotti et des élus apparentés devraient réunir au moins 14 sénateurs, contre quatre auparavant. Ce nombre permet de constituer un groupe politique, qui donne davantage de moyens pour prendre part aux débats et aux travaux parlementaires. C’est une première au Sénat sous la Ve République.
Pour autant, la majorité de droite et du centre conserve sa position dominante. Selon les premières projections de Public Sénat, les Républicains compteraient entre 124 et 126 élus et l’Union centriste entre 56 et 58. La gauche, elle, a mieux résisté que ne le laissaient craindre les revers des municipales : le groupe socialiste devrait rester proche de son niveau précédent, autour de 62 à 65 sénateurs. Ces chiffres restent indicatifs : les groupes ne déposeront la liste de leurs membres qu’au début du mois d’octobre, après les ralliements et les concertations entre élus.
Le scrutin confirme ainsi deux mouvements simultanés : une relative stabilité des grands équilibres de la Haute Assemblée et une progression de l’extrême droite dans les institutions. Le Sénat ne change pas de majorité, mais le RN et l’UDR disposent désormais d’un groupe pour intervenir plus directement dans les débats. La gauche conserve, de son côté, un rôle d’opposition important, tandis que les socialistes restent le deuxième groupe de l’hémicycle.
Des résultats ultramarins contrastés
Dans la région, la Guyane renouvelait ses deux sièges. Rodolphe Alexandre a été élu dès le premier tour ; Ryan Persaud a remporté le second siège au second tour. À Saint-Martin, Daniel Gibbs a battu Valérie Damaseau au second tour, par 13 voix contre 11.
La Martinique n’était pas concernée par ce renouvellement. Le ministère de l’Intérieur recensait parmi les territoires ultramarins appelés aux urnes la Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française.
Le vote de dimanche ne constitue pas une mesure directe de l’opinion nationale : les sénateurs sont élus par les représentants des collectivités, et les résultats reflètent d’abord les rapports de force locaux. Il donne néanmoins un aperçu du poids des réseaux municipaux et de la capacité des partis à convertir leur implantation territoriale en influence parlementaire. À moins de sept mois de l’élection présidentielle, la constitution d’un groupe RN au Sénat ajoute un signal politique à surveiller, sans modifier à elle seule la majorité de la Chambre haute.
Il faut ajouter la percée de LFI,
La France insoumise fait son entrée au Sénat avec deux élus : Gabriel Amard, dans le Rhône, et Marc Péré, maire de L’Union, élu en Haute-Garonne à la tête d’une liste commune LFI–EELV–Génération.s. C’est une première pour le mouvement.
LFI entre au Sénat, mais sans pouvoir former de groupe.. Cette percée met fin à l’absence des Insoumis au Palais du Luxembourg. Avec deux élus seulement, ils restent loin des dix sénateurs nécessaires pour constituer un groupe. Leur rattachement à un groupe existant, notamment celui des écologistes, ouvre déjà un débat à gauche.





