Conséquence directe de la guerre en Ukraine, les gouvernements des deux pays scandinaves ont conjointement fait savoir dimanche 15 mai leur volonté d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan). Pour ces deux pays proches de la Russie, cette décision représente un tournant géopolitique majeur. |
« Les gouvernements suédois et finlandais, qui veulent entrer de concert dans l’Otan, ont affiché une coordination presque parfaite« , décrit Le Figaro. En effet, « la Finlande a présenté, dimanche 15 mai, sa candidature à l’Organisation » et « dans la foulée, le parti au pouvoir en Suède a émis le [même] souhait« , relate Le Monde. Pour ces deux Etats membres de l’Union européenne, qui partagent une grande proximité géographique avec la Russie, « c’est un bouleversement stratégique majeur, qui les éloigne de leur neutralité longtemps affichée« , et un « changement décidé malgré lui par Vladimir Poutine« , note Ouest-France. « Une nouvelle ère s’ouvre«« C’est un jour historique. Une nouvelle ère s’ouvre« , a affirmé le président finlandais Sauli Niinistö ce dimanche 15 mai, aux côtés de la Première ministre Sanna Marin [BFM TV]. Ainsi, « après des décennies de non-alignement militaire« , Helsinki affiche sa volonté de rejoindre l’Alliance atlantique ; de même pour Stockholm, pourtant « adepte d’une politique de neutralité vieille de deux siècles« , souligne France info. Pour le journal Les Echos, ces décisions marquent « la fin d’une politique scandinave« . Pour rappel, « à la fin des années 1940, l’Union soviétique n’avait ni envahi ni satellisé la Finlande, mais avait obtenu en contrepartie […] que ce pays soit strictement neutre« , expliquait jeudi dernier François Heisbourg, expert en géopolitique [Ouest-France]. La Suède, quant à elle, « va rompre avec […] une politique théorisée par la très grande majorité de ses leaders politiques » [Les Echos]. Politico rappelle également que, pas plus tard que début mars, « la Première ministre suédoise [Magdalena] Andersson déclarait que l’adhésion à l’Alliance déstabiliserait la sécurité régionale« . Au mois de janvier, son homologue finlandaise Sanna Marin disait « qu’elle ne s’attendait pas à ce que [son pays] adhère à l’Alliance au cours de son mandat » [Politico]. Les implications de ces candidaturesL’Alliance atlantique s’apprête « à accueillir deux recrues de choix » puisqu’elles contribueront « à la défense des frontières septentrionales de l’Otan dans une zone stratégique – l’Arctique et la Baltique – et avec des forces armées en plein renouveau« , note Le Figaro. De plus, il s’agira pour l’organisation militaire du « premier élargissement à des pays qui n’appartenaient pas au Pacte de Varsovie depuis l’intégration de l’Espagne en 1982« , précisent Les Echos. En outre, comme pour tous les Etats membres, Finlandais et Suédois « souhaitent bénéficier de l’article 5 du traité de l’Otan, pierre angulaire de l’Alliance qui stipule qu’une attaque contre l’un des signataires est une attaque contre tous » [Ouest-France]. D’ailleurs, « durant la période transitoire entre la candidature et l’adhésion, qui dure plusieurs mois, l’Otan s’est dite prête à renforcer les ‘garanties de sécurité’ [des deux pays], notamment en renforçant la présence otanienne« , nous apprend Le Monde. « Alors que le Kremlin a justifié son invasion de l’Ukraine par le risque d’extension de l’Otan à ses portes, une adhésion [d’Helsinki] rallonge de quelque 1 300 kilomètres la frontière entre la Russie et l’Alliance« , ajoute le quotidien. Le président Vladimir Poutine a signifié à son homologue finlandais qu’un renoncement à son non-alignement « serait une erreur, puisqu’il n’y a aucune menace à la sécurité de la Finlande« , rapportent Les Echos. Dans la nuit de vendredi à samedi, Moscou a cessé « ses exportations d’électricité vers la Finlande » et « menacé de prendre des mesures ‘technico-militaires’ en représailles » [Les Echos]. La procédure d’adhésion à l’OtanHelsinki et Stockholm vont « désormais devoir se plier à un examen contraignant » [BFM TV]. « Une fois la décision prise par un pays tiers d’adhérer, les membres de l’Otan doivent accepter à l’unanimité de l’inviter à les rejoindre« , détaille la chaîne. A ce sujet, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg « s’est dit ‘confiant’ dans la possibilité pour les pays membres de l’Alliance de trouver un compromis avec la Turquie, dont le président Erdoğan avait subitement affiché son hostilité à une adhésion suédo-finlandaise » [Le Monde]. Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken s’est lui aussi montré « confiant dans un consensus » prochain entre les 30 pays membres de l’Otan [Les Echos]. Pour y adhérer, »le pays candidat doit respecter les valeurs énoncées dans le traité de l’Atlantique nord » : « un système politique démocratique fonctionnel« , « s’engager à régler les conflits de manière pacifique« , « être capable et désireux d’apporter une contribution militaire aux opérations de l’Otan« , liste France info. Ensuite, les deux Etats devront adresser « une lettre d’intention » au secrétaire général de l’Alliance et ratifier le « protocole d’adhésion par chacun des Etats membres de l’Otan » [BFM TV]. « Le processus a pris [seulement] une année pour le 30e membre, la Macédoine du Nord« , en 2020 [BFM TV]. |
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La Finlande et la Suède veulent sortir de leur neutralité et rejoindre l’Otan
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