Une association de protection animale a porté à la connaissance de l’administration, le 25 mars 2026, une vidéo mettant en évidence des abattages réalisés dans des conditions révélant une perte de maîtrise des exigences en matière de protection animale.
Cette vidéo a permis d’identifier des dysfonctionnements au sein de la société ABATTOIRS DE MARTINIQUE, dont le siège social est situé au Lamentin. L’un des principaux dysfonctionnements concernait le dispositif d’immobilisation des animaux en vue de leur étourdissement systématique, étape requise afin de garantir leur inconscience au moment de la saignée. L’équipement étant conçu pour des grands gabarits, les animaux de plus petites tailles n’étaient pas suffisamment immobilisés pour permettre un étourdissement dans des conditions satisfaisantes.
En urgence, le préfet de la Martinique a pris un arrêté limitant les activités de l’abattoir aux seuls bovins dont le gabarit est compatible avec le dispositif d’immobilisation des animaux. Depuis, des travaux d’urgence ont été réalisés par la société ABATTOIRS DE MARTINIQUE pour adapter le matériel aux différents gabarits de bovins présents en Martinique. Des tests ont été réalisés sur différentes séries d’animaux : ceux-ci se sont avérés satisfaisants.
Par ailleurs, l’exploitant a été mis en demeure de former à nouveau ses agents aux bonnes pratiques en matière de protection animale, formations qui ont été mises en œuvre. Dès lors, l’arrêté préfectoral ainsi que la mise en demeure ont été levés. En conséquence, les activités de la société ABATTOIRS DE MARTINIQUE peuvent reprendre normalement, sous une surveillance renforcée de l’administration.
Le préfet tient cependant à souligner l’importance que revêt cet abattoir pour le territoire : à défaut, l’ensemble des animaux de boucherie serait abattu alors qu’ils sont conscients, dans des conditions informelles ne garantissant ni la sécurité sanitaire des viandes (absence d’inspection des viscères par les services vétérinaires), ni le contrôle de la présence de chlordécone.
Le préfet appelle donc les consommateurs à rester vigilant quant à l’origine de la viande de bœuf et à signaler aux services de la direction de l’alimentation, de l’agriculture, et de la forêt (DAAF), toute situation suspecte pour mieux lutter contre l’abattage informel.
Source: Prefecture





