Personnellement, je suis convaincu que l’indivision constitue l’un des meilleurs mécanismes pour protéger les terres de notre pays contre les appétits des puissances financières étrangères, notamment françaises. Loin d’être un frein au développement, l’indivision est un rempart contre la fragmentation et la privatisation excessive des terres, qui ouvriraient la voie à une exploitation prédatrice de notre patrimoine foncier.
La sortie de l’indivision, souvent présentée comme une solution pour libérer le potentiel économique des terres, est en réalité un leurre. L’histoire, tant en Europe qu’en Afrique, regorge d’exemples où la protection des terres collectives ou indivises a permis de préserver l’intégrité des territoires face aux pressions extérieures. À l’inverse, les cas de cession ou de privatisation massive ont souvent conduit à une dépossession des populations locales au profit d’intérêts étrangers ou de grandes entreprises.
En Martinique, par exemple, la loi de 2018, qui encadre la sortie de l’indivision, n’a été mise en œuvre qu’à peine cinq fois depuis son adoption, et ce dans des conditions souvent discutables. Ce faible nombre d’applications démontre bien que la sortie de l’indivision n’est ni une priorité ni une solution viable pour la majorité des propriétaires. Au contraire, elle risque d’affaiblir la cohésion sociale et de fragiliser les droits des héritiers, en particulier les plus vulnérables.
En outre, l’indivision permet de maintenir une gestion collective des terres, qui reflète les valeurs communautaires et historiques de notre société. Elle empêche la marchandisation excessive du foncier et préserve un équilibre entre développement économique et protection du patrimoine. La sortie de l’indivision, en revanche, pourrait accélérer la concentration des terres entre les mains de quelques-uns, au détriment de l’intérêt général.
Pour toutes ces raisons, je reste fermement opposé à la sortie de l’indivision. Celle-ci ne doit pas être vue comme une fin en soi, mais plutôt comme une exception à encadrer strictement. L’indivision, bien gérée, est un outil puissant pour protéger notre héritage foncier et garantir que les terres de notre pays restent entre les mains de ceux qui y sont attachés.
06/02/2026
Jeff Lafontaine
Autre opinion sur la question (par Gérard Dorwling-Carter)
L’indivision est souvent présentée comme une protection contre les prédateurs fonciers. En compliquant les ventes et les acquisitions, elle peut effectivement ralentir certaines opérations spéculatives et contribuer à préserver le patrimoine familial.
Cette protection a toutefois ses limites. À mesure que le nombre d’héritiers augmente, les décisions deviennent plus difficiles à prendre. Vendre, construire, exploiter ou entretenir un terrain peut alors devenir extrêmement complexe.
L’immobilisation du foncier favorise parfois les conflits, l’abandon des parcelles et les stratégies d’acquisition progressive menées par des acteurs extérieurs. Ce qui devait protéger le patrimoine peut ainsi devenir une source de vulnérabilité.
La véritable protection réside moins dans l’indivision permanente que dans une gestion collective organisée. Des structures adaptées permettent de conserver la maîtrise des terres tout en facilitant leur valorisation et leur transmission.
Préserver le patrimoine foncier ne consiste pas à le figer, mais à le gouverner efficacement. L’indivision peut constituer une protection temporaire, mais elle ne garantit pas à elle seule une souveraineté foncière durable.
En d’autres termes, mon ami Jeff – et là je m’adresse au patriote – Il s’agit de tout faire pour sauvegarder son patrimoine, tant culturel que foncier pour le transmettre tel qu’on l’a trouvé aux générations futures . Pour cela il faut former les consciences, ce qui doit être le travail de l’école, de la société civile et avant par les familles