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    Home » Martinique: Jean-Luc Marc Calls for a Simplification of the Territorial Organization
    Opinion Pieces

    Martinique: Jean-Luc Marc Calls for a Simplification of the Territorial Organization

    July 10, 2026No Comments
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    Dans cette tribune, Jean-Luc Marc appelle à ouvrir un débat sur le coût, la lisibilité et l’efficacité de l’organisation institutionnelle de la Martinique. Il propose notamment de renforcer le rôle stratégique de la Collectivité territoriale de Martinique, de transformer les trois intercommunalités en directions territoriales opérationnelles et de préserver les communes comme échelon de proximité. Cette contribution exprime le point de vue de son auteur.


    Martinique : avons-nous encore les moyens d’entretenir autant d’institutions ?

    Lettre ouverte aux Martiniquaises et aux Martiniquais

    Chères Martiniquaises, chers Martiniquais,

    Notre île est belle, forte, fière, courageuse.

    Mais notre île est aussi fragile.

    La Martinique est un petit territoire insulaire, avec une population qui diminue, une économie sous pression, un coût de la vie élevé, des revenus souvent insuffisants, une jeunesse qui part, des familles qui souffrent, des entreprises qui se battent, des communes qui manquent de moyens, et des services publics qui peinent parfois à répondre aux attentes de la population.

    Face à cette réalité, une question simple doit être posée avec courage :

    Avons-nous encore les moyens d’entretenir autant de structures politiques et administratives pour gérer un si petit territoire ?

    Aujourd’hui, la Martinique dispose d’une Collectivité Territoriale de Martinique, la CTM, mais aussi de trois intercommunalités : le Nord, le Centre et le Sud. À cela s’ajoutent les 34 communes, les syndicats, les agences, les offices, les commissions, les directions, les conseils, les présidences, les vice-présidences, les cabinets, les services supports, les budgets propres et les administrations multiples.

    Personne ne peut nier que des femmes et des hommes y travaillent avec sérieux. Personne ne peut nier que des élus locaux s’engagent chaque jour.

    Personne ne peut nier que les territoires ont besoin de proximité.

    Mais il faut aussi avoir le courage de reconnaître une évidence : Notre organisation institutionnelle est devenue trop lourde, trop coûteuse, trop lente et parfois trop dispersée.

    Quand une île de cette taille multiplie les centres de décision, les responsabilités deviennent floues.

    Quand trop de structures interviennent sur les mêmes sujets, les décisions prennent du temps.

    Quand les compétences se croisent, les citoyens ne savent plus qui décide, qui agit, qui répond.

    Quand les budgets se dispersent, l’argent public se perd dans les frais de fonctionnement au lieu d’aller pleinement vers les services attendus par les Martiniquais.

    Pendant ce temps, les urgences sont là.

    • Nos routes ont besoin d’entretien.
    • Nos transports doivent être modernisés.
    • Notre jeunesse réclame des perspectives.
    • Nos entreprises ont besoin de simplification.
    • Nos personnes âgées ont besoin d’accompagnement.
    • Nos familles veulent vivre dignement.
    • Nos communes ont besoin d’efficacité.
    • Notre eau, nos déchets, notre aménagement, notre développement économique, notre logement, notre agriculture et notre tourisme nécessitent une vision globale, cohérente et puissante.

    La Martinique ne peut plus se permettre de fonctionner comme si elle était un grand continent administratif.

    Nous sommes une île.

    Nous sommes un seul territoire.

    Nous avons un seul destin commun.

    C’est pourquoi je propose d’ouvrir un grand débat martiniquais sur une réforme courageuse de notre organisation territoriale.

    Ma vision est simple :

    Une CTM forte, responsable et stratège ; des communes respectées dans leur rôle de proximité ; et des services territoriaux Nord, Centre et Sud chargés d’agir efficacement sur le terrain.

    Il ne s’agit pas de supprimer la proximité.

    Il ne s’agit pas d’effacer les communes.

    Il ne s’agit pas d’opposer le Nord, le Centre et le Sud.

    Il ne s’agit pas de retirer la parole aux élus locaux.

    Il s’agit de mettre fin aux doublons.

    Il s’agit de simplifier les circuits de décision.

    Il s’agit de réduire les dépenses inutiles.

    Il s’agit de mieux utiliser l’argent public.

    Il s’agit d’accélérer les projets.

    Il s’agit de rendre les responsabilités plus claires.

    Il s’agit de faire de la Martinique un territoire mieux organisé, plus efficace et plus solidaire.

    Demain, nous pourrions imaginer une Martinique organisée autour d’une seule grande collectivité stratégique : la CTM. Elle porterait la vision globale de l’île, définirait les priorités, coordonnerait les grands investissements et assurerait la cohérence des politiques publiques.

    Les trois intercommunalités pourraient être transformées en trois grandes directions territoriales opérationnelles : Nord Martinique, Centre Martinique et Sud Martinique. Ces directions ne seraient plus des institutions politiques lourdes, mais des outils d’action de proximité, au service des habitants, des communes et des territoires.

    Les communes, elles, conserveraient leur rôle essentiel : l’état civil, les écoles, la vie locale, les équipements communaux, la proximité avec les habitants, l’écoute quotidienne des familles, des associations et des quartiers.

    Pour garantir l’équilibre démocratique, je propose également la création d’une Conférence des maires de Martinique, où les 34 maires seraient pleinement associés aux grandes décisions concernant l’avenir de l’île.

    Ainsi, nous aurions une organisation plus claire :

    • Une CTM pour décider et piloter ;
    • Des directions territoriales pour agir sur le terrain ;
    • Des communes pour garantir la proximité ;
    • Des maires associés aux grandes orientations.

    Cette réforme doit être menée avec sérieux, méthode et respect.

    Elle doit commencer par un audit indépendant des coûts réels de notre organisation actuelle. Les Martiniquais ont le droit de savoir combien coûtent nos institutions, combien coûtent les doublons, combien coûtent les frais de structure, et combien pourrait être réorienté vers les routes, les transports, l’eau, l’éducation, l’économie, la jeunesse et les services publics.

    Elle doit ensuite donner lieu à des États généraux de la gouvernance martiniquaise, avec les élus, les maires, les agents publics, les syndicats, les entreprises, les associations, les jeunes, les retraités et les citoyens.

    Elle doit aboutir à un Livre blanc de la simplification territoriale, présentant clairement les constats, les économies possibles, les garanties sociales pour les agents, les bénéfices pour les communes et les améliorations concrètes pour la population.

    Enfin, une telle réforme devra être portée devant l’État et, si nécessaire, devant le Parlement, car elle implique une évolution de notre organisation institutionnelle. Elle devra aussi être expliquée aux Martiniquais et validée démocratiquement.

    Je veux être très clair : cette proposition n’est pas dirigée contre des personnes.

    Elle n’est pas dirigée contre des élus.

    Elle n’est pas dirigée contre les agents.

    Elle n’est pas dirigée contre un territoire.

    Elle est dirigée contre l’inefficacité.

    Elle est dirigée contre les lourdeurs.

    Elle est dirigée contre le gaspillage.

    Elle est dirigée contre la dispersion des moyens.

    Elle est dirigée contre une organisation qui ne correspond plus aux réalités économiques, sociales et démographiques de notre île.

    La Martinique mérite mieux qu’une addition d’institutions.

    Elle mérite une vision.

    Elle mérite une stratégie.

    Elle mérite une organisation moderne.

    Elle mérite une gouvernance lisible, sobre, efficace et proche du peuple.

    Nous devons avoir le courage de poser les bonnes questions.

    Pourquoi conserver plusieurs structures politiques là où une organisation territoriale unique pourrait mieux coordonner l’action publique ?

    Pourquoi maintenir autant de frais de fonctionnement alors que nos besoins sociaux sont immenses ?

    Pourquoi multiplier les niveaux de décision alors que les Martiniquais demandent des résultats rapides ?

    Pourquoi continuer comme avant alors que tout nous montre qu’il faut changer ?

    Le vrai respect du peuple martiniquais, ce n’est pas de protéger les habitudes institutionnelles.

    Le vrai respect du peuple martiniquais, c’est de lui dire la vérité.

    Et la vérité, c’est que notre île doit apprendre à faire mieux avec moins.

    Moins de lourdeurs.

    Moins de doublons.

    Moins de dépenses administratives.

    Moins de dispersion.

    Mais plus d’efficacité.

    Plus de proximité réelle.

    Plus de responsabilité.

    Plus de résultats.

    Plus de justice territoriale.

    La Martinique n’a pas besoin de quatre centres politiques de gestion pour avancer.

    La Martinique a besoin d’une vision commune, d’un cap clair et d’une action publique puissante.

    Je souhaite donc que ce débat s’ouvre, sans tabou, sans peur, sans caricature.

    Ce n’est pas une question de Nord contre Sud.

    Ce n’est pas une question de Centre contre communes.

    Ce n’est pas une question d’élus contre citoyens.

    C’est une question d’avenir.

    Dans vingt ans, que voulons-nous laisser à nos enfants ?

    Une île administrativement lourde, divisée, coûteuse et lente ?

    Ou une Martinique organisée, responsable, solidaire et tournée vers l’avenir ?

    Je crois profondément que le moment est venu d’engager l’Acte II de la Collectivité Territoriale de Martinique.

    Après avoir créé une collectivité unique, il faut maintenant aller au bout de la logique : simplifier, coordonner, mutualiser et rendre l’action publique plus efficace.

    La Martinique est petite par sa taille, mais grande par son histoire, grande par son peuple, grande par son intelligence collective, grande par sa capacité à se réinventer.

    Ayons le courage de nous poser cette question essentielle :

    Nos institutions servent-elles d’abord le peuple, ou finissent-elles par se servir elles-mêmes ?

    Pour ma part, je choisis le peuple.

    Je choisis la clarté.

    Je choisis l’efficacité.

    Je choisis la responsabilité.

    Je choisis une Martinique mieux organisée pour mieux protéger, mieux investir, mieux développer et mieux préparer l’avenir.

    Il ne s’agit pas de faire moins pour les Martiniquais.

    Il s’agit de faire mieux.

    Moins d’institutions, plus d’action.

    Moins de doublons, plus de résultats.

    Moins de lourdeurs, plus de proximité.

    Moins de dépenses de structure, plus de services pour le peuple martiniquais.

    C’est cette réflexion que je souhaite porter devant vous.

    Avec respect, lucidité et amour pour notre pays Martinique.

    Un Martiniquais qui pleure son Pays.

    Jean-Luc MARC.

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