COURRIER D’UN LECTEUR
Les lecteurs d’Antilla sont aussi des acteurs du débat public. À travers cette tribune libre, son auteur livre une analyse personnelle, un témoignage ou une interpellation destinée à enrichir la réflexion collective sur les grands enjeux martiniquais et caribéens.
Si notre territoire va si mal aujourd’hui, c’est avant tout parce que notre peuple apparaît comme privé de boussole morale et collective, miné par une culture du « i bon kon sa », qui entretient la déresponsabilisation et favorise la juxtaposition d’intérêts égoïstes.
À cela s’ajoute cette mentalité du « zavè tchou mèl ki pran plon », tant pis pour celui qui en subit les conséquences, et du « débrouya pa péché », où chacun tente simplement de se tirer d’affaire, sans vision d’ensemble ni souci du bien commun.
Beaucoup de nos concitoyens sont démobilisés, résignés, installés dans une posture de « qui vivra verra », où l’absence d’éthique, le manque de bienveillance et d’empathie empêchent d’« enchanter » à nouveau notre Martinique.
La médiocrité s’installe parfois, portée par une forme de médiocratie où médisances, toxicité et coups de gueule prennent trop souvent le pas sur la construction, le respect et le courage d’agir.
Pourtant, l’histoire nous enseigne que lorsque le brouillard est dense, il faut savoir reprendre son bâton de pèlerin, tracer un autre chemin et trouver en soi la force de regarder vers demain.




