Ancien député de la Martinique et figure engagée de la vie politique locale, Guy Lordinot revient au cœur du débat public avec une proposition à forte portée symbolique. À travers un appel à instituer le 22 mai comme véritable fête nationale martiniquaise, il interroge les fondements mêmes de l’identité collective de l’île, entre héritage républicain et mémoire propre. Au-delà de la seule commémoration de l’abolition de l’esclavage, la démarche vise à combler un déficit de symboles fédérateurs, dans une société marquée par des divisions persistantes. En articulant mémoire historique, reconnaissance politique et recherche d’unité populaire, cette initiative pose une question centrale : comment « faire peuple » en Martinique aujourd’hui, et autour de quels repères communs ?
La Martinique fait partie de la République française, dont l’emblème est le drapeau bleu, blanc, rouge, derrière lequel le peuple français se retrouve. La fête nationale se célèbre le 14 juillet.
Mais la Martinique est aussi une collectivité d’Outre-mer, marquée par des spécificités historiques et géographiques qui peuvent légitimement justifier, en complément du 14 juillet, l’existence d’une fête nationale propre.
UNE DATE FONDATRICE : LE 22 MAI 1848
Victor Schoelcher a obtenu du gouvernement l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848. Mais son application effective en Martinique date du 22 mai 1848, lorsque la révolte des esclaves contraint le gouverneur Rostoland à la proclamer.
Depuis 43 ans, le 22 mai est un jour férié. Pourtant, il n’a jamais été célébré officiellement par l’ensemble des élus martiniquais.
FAIRE PEUPLE : LA NÉCESSITÉ D’UN SYMBOLE
Pour faire peuple, une population a besoin de symboles forts et partagés. Pour la France, c’est le drapeau tricolore. Pour la Martinique, ce symbole reste à consolider.
Nous proposons de faire du 22 mai une véritable fête nationale.
L’UNITÉ PAR LES ÉMOTIONS COLLECTIVES
Les rares moments d’unité totale en Martinique se trouvent aujourd’hui dans le sport populaire :
– le Tour des Yoles rondes
– le Tour cycliste de Martinique
Ces événements démontrent qu’il existe une capacité réelle de rassemblement.
UNE CÉLÉBRATION FONDATRICE EN 2026
Nous proposons de célébrer la naissance de cette fête nationale le 22 mai 2026.
Placée sous le patronage du Préfet, représentant de la Nation française, elle réunirait :
– les 6 parlementaires
– le Président de la Collectivité Territoriale de Martinique
– les 34 maires
– et l’ensemble de la population
UNE JOURNÉE DE RÉCONCILIATION
Cette manifestation serait :
– une occasion de dépasser les divisions
– un moment pour surmonter les querelles
– un temps fort pour rassembler tous les fils et filles de la Martinique
– au-delà de tout clivage
Elle constituerait un rassemblement de toutes les composantes du pays. Elle serait une journée de réconciliation.
C’est à cette condition que les Martiniquais pourront véritablement faire peuple.
UN SYMBOLE À RÉHABILITER : LE DRAPEAU ROUGE, VERT ET NOIR
Souvenons-nous : en 1962, incarcéré à la prison de Fresnes, Rodolphe Désiré imagina, avec ses compagnons de l’OJAM, un drapeau rouge, vert et noir pour la Martinique.
UN CHOIX HISTORIQUE À POSER
En 2026, 64 ans après, le moment n’est-il pas venu de :
– rendre hommage à ces précurseurs
– et de plébisciter ce drapeau comme symbole de la Martinique
UN PEUPLE, UNE DATE, UN SYMBOLE
La Martinique rassemblée, en ce 22 mai, répond en chœur : OUI.





