Matinik, 1 oktob 2026
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté devant le Comité des finances locales, prévoit la suppression de la dotation versée aux Régions au titre du transfert de la gestion du FEADER. À l’échelle nationale, 100 millions d’euros disparaissent chaque année. Mesure après mesure, c’est l’érosion des capacités d’action et d’investissement des Régions qui est organisée. De l’apprentissage à la formation des infirmiers, de l’investissement dans les compétences à la gestion des fonds agricoles européens, aucun champ d’action n’est épargné. Les Régions supportent une part de l’effort sans commune mesure avec leur poids dans les dépenses des collectivités locales.
La Martinique en mesure déjà les conséquences. La suppression de la dotation liée au transfert de la gestion du FEADER lui retire 640 427 euros chaque année. Ces crédits financent l’accompagnement des jeunes agriculteurs qui s’installent et des exploitations qui investissent. Leur disparition frappe une agriculture déjà éprouvée par le dérèglement climatique, la pollution durable des sols au chlordécone et la dépendance aux importations.
La Collectivité Territoriale de Martinique ne s’y résignera pas. Céder aujourd’hui sur les moyens, ce serait renoncer demain à agir et accepter ces coupes, ce serait laisser d’autres décider à la place des Martiniquais de l’avenir de leur agriculture, de la formation de leur jeunesse et de leur capacité à investir.
Ce combat se mène aussi à l’échelle européenne. Dans la négociation sur la future Politique agricole commune, la CTM demande d’être pleinement reconnue comme autorité de gestion du FEADER, comme elle l’est déjà pour les fonds de cohésion et pour le fonds européen pour la pêche. Elle maintient également sa demande de réserver 2 millions d’euros de l’enveloppe POSEI pour le financement de l’aide forfaitaire au revenu du CTEA destiné à l’agriculture de diversification, acceptée par le Gouvernement et dont la validation par la Commission européenne est attendue. On ne peut confier une compétence et retirer, dans le même temps, les moyens de l’exercer.
La mobilisation engagée doit donc se poursuivre et s’intensifier. La CTM se tient aux côtés de Régions de France et de toutes les collectivités qui refusent cet affaiblissement. Elle appelle les parlementaires de Martinique à porter, lors de l’examen du projet de loi de finances, les amendements qui rétabliront ces crédits. Elle appelle les organisations agricoles et l’ensemble des forces vives de la Martinique à faire front commun, car c’est la capacité des collectivités à agir au plus près des populations qui est en jeu.




