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    Home » Bande dessinée. « Ce soir, pas de bouillabaisse », d’Amélie Collerie de Borely
    Art/Culture

    Bande dessinée. « Ce soir, pas de bouillabaisse », d’Amélie Collerie de Borely

    août 6, 2026Aucun commentaire
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    Trois vieux pêcheurs face à une mer qui se vide

    Avec sa première bande dessinée, Amélie Collerie de Borely imagine un Marseille légèrement dystopique où la raréfaction des poissons bouleverse le quotidien de trois pêcheurs. Entre humour, aventure maritime et inquiétude écologique, l’autrice aborde la disparition des espèces sans renoncer à la fantaisie.

    Marseille, dans un futur qui ne semble finalement pas si éloigné du présent. La ville demeure familière, avec son port, ses bateaux et ses pêcheurs. Mais sous la surface, la mer a changé. Le poisson est devenu si rare que le simple fait d’en capturer un pourrait attirer l’attention de mystérieux douaniers chargés de surveiller la biodiversité marine.

    C’est dans cet univers que débute Ce soir, pas de bouillabaisse, première bande dessinée d’Amélie Collerie de Borely. L’album suit trois vieux pêcheurs, attachants et quelque peu dépassés par leur époque, qui se retrouvent entraînés dans une aventure bien plus grande qu’une simple partie de pêche. Leur objectif est pourtant modeste : rapporter suffisamment de poisson pour préparer un repas digne de ce nom. Mais leur rêve d’une prise légendaire les conduit bientôt à prendre la mer, malgré les interdictions et les dangers.

    Une fable écologique sans catastrophisme

    Derrière les situations comiques et les dialogues animés, la bande dessinée évoque un sujet particulièrement sérieux : l’appauvrissement de la biodiversité marine et la possible extinction de certaines espèces.

    L’autrice choisit toutefois de ne pas transformer son récit en manifeste pessimiste. Le propos écologique demeure présent, mais il passe par l’aventure, le décalage et l’humour. La menace qui pèse sur les océans se découvre ainsi à travers les mésaventures de personnages qui semblent tout droit sortis d’un film de Marcel Pagnol ou d’une chanson de Georges Brassens.

    Le dossier de presse présente d’ailleurs l’ouvrage comme un récit de camaraderie, à la fois avertissement écologique, hommage aux grands-pères et célébration des « papilles ».

    Marseille et la mer comme sources d’inspiration

    Née à Marseille, Amélie Collerie de Borely a grandi près de la mer et commence très tôt à dessiner les poissons. D’abord attirée par les sciences et la biologie marine, elle s’oriente finalement vers une école d’art, où elle obtient un master en bande dessinée.

    Après une première expérience dans une maison d’édition spécialisée, elle rejoint le Zarmatelier, un collectif marseillais d’auteurs de bande dessinée. Cette aventure collective lui permet de se lancer dans la réalisation de son premier album, publié en 2026 par Corsica Comix Édition.

    Son intérêt pour le monde marin se retrouve dans l’ensemble du projet. La mer n’est pas simplement un décor. Elle devient un personnage à part entière, tour à tour généreuse, menaçante et imprévisible.

    Un dessin expressif et mouvementé

    Les premières planches dévoilées montrent un dessin coloré, dynamique et volontairement caricatural. Les visages marqués des pêcheurs, leurs gestes exagérés et leurs expressions donnent immédiatement le ton humoristique de l’album.

    Les scènes en mer prennent une autre dimension lorsque le ciel s’assombrit. Les vagues deviennent imposantes, la lumière se fait plus dramatique et les pêcheurs semblent minuscules face aux créatures qu’ils poursuivent. Le contraste entre le comique des personnages et la puissance de l’océan contribue à l’identité visuelle du récit.

    À travers cette équipée maritime, Ce soir, pas de bouillabaisse pose finalement une question simple : que restera-t-il des traditions, de la pêche et des plaisirs de la table lorsque les ressources de la mer auront disparu ?

    Repères

    Ce soir, pas de bouillabaisse, d’Amélie Collerie de Borely, est un album cartonné de 56 pages, imprimé en couleur au format 16,3 × 24 cm. Publié par Corsica Comix Édition, il est proposé au prix de 20 euros et est paru le 8 juillet 2026.

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