Selon le pré-rapport 2026 de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), le déficit des collectivités locales est revenu de 12 à 9,3 milliards d’euros. L’épargne brute des régions et collectivités territoriales uniques (CTU) progresse de 7,5 %, à 6,3 milliards ; celle des départements bondit de 22,8 %, à 7 milliards. Mais cette embellie a un prix : elle s’accompagne d’un net recul de l’investissement.
Les régions en sont l’illustration.
Leurs dépenses de fonctionnement baissent légèrement, leurs investissements reculent de 7,1 % et leur principale ressource, la fraction de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) – 52 % des recettes de fonctionnement –, stagne. Privées de véritable levier fiscal, elles doivent pourtant financer transports, lycées et transition écologique. Leur épargne nette reste inférieure de 20,5 % à son niveau de 2019 : l’amélioration est réelle, elle n’est pas solide.
Chez les départements, le répit tient d’abord au rebond des droits de mutation à titre onéreux (DMTO, +16,8 %), prélevés sur les ventes immobilières : une recette volatile par nature, suspendue aux humeurs du marché. Dans le même temps, les dépenses sociales continuent de progresser (+2,8 %, à 37,4 milliards), l’investissement chute de 8,6 % et la dette gagne 5,7 %, à 35,4 milliards. Le problème structurel demeure : des missions sociales incompressibles adossées à des ressources incertaines. Pour 2026, les budgets votés misent encore sur une hausse de l’épargne, mais sur des hypothèses de DMTO et de dépenses sociales bien fragiles.
Les métropoles, elles, investissent – 6,4 milliards en 2025 –, mais avec un endettement qui atteint 118,1 % de leurs recettes de fonctionnement. Leur taux d’épargne de 19,1 % les protège, sans dispenser d’un examen au cas par cas. Les budgets 2026 confirment d’ailleurs la diversité des situations : la Métropole du Grand Paris annonce une baisse de 50 millions d’euros de ses ressources, quand la Métropole européenne de Lille prévoit 886 millions d’investissement.
Reste la Martinique.
Dans les résultats de l’OFGL, la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) figure parmi les trois régions ou CTU dont l’épargne brute baisse, et certaines variations nationales sont même calculées sans elle, faute de comptes définitifs. Autrement dit, le redressement affiché par l’agrégat régional ne la concerne pas. Collectivité unique exerçant à la fois les compétences d’une région et d’un département, elle cumule la rigidité des dépenses sociales et le poids des investissements de long terme. Sa situation doit donc être examinée à part, à la lumière des constats de la chambre régionale des comptes.
La leçon est triple.
D’abord, les moyennes rassurent mais ne gouvernent pas : chaque territoire doit être lu à l’aune de ses compétences et de ses ressources. Ensuite, restaurer l’épargne en sacrifiant l’investissement revient à reporter la facture, notamment climatique. Enfin, la réduction du déficit en comptabilité nationale ne signifie pas que les tensions d’investissement ou de trésorerie ont disparu. Pour 2026, la vigilance s’impose, et plus encore aux Antilles et singulièrement pour nous en Martinique
Gdc





