Dans un article publié le 28 septembre 2026, ONU Info, le service d’information des Nations Unies, revient sur l’appel d’António Guterres à traduire la lutte contre le racisme en actions concrètes.
Protection des victimes, application des lois, égalité des droits et vigilance face aux discriminations numériques : ce dossier rappelle que les engagements doivent se mesurer à leurs effets. Antilla vous propose ci-dessous le texte d’ONU Info, avec un lien vers sa publication originale.
Gérard Dorwling-Carter
Texte : ONU Info — 28 septembre 2026. Consulter l’article original.
Photo : À Montréal, une pancarte dénonçant le racisme pendant un rassemblement, en mars 2022. Photo : Unsplash / Rolande PG. Source : ONU Info. Voir la source.
Vingt-cinq ans après l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban, le racisme continue de creuser les inégalités et de priver des millions de personnes de leurs droits, a averti lundi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. À New York, il a appelé les États à transformer leurs engagements en mesures concrètes, notamment face aux nouvelles formes de discrimination amplifiées par les technologies numériques.
« L’antidote à ces poisons, c’est l’unité et l’action concrète », a déclaré le chef de l’ONU lors d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale consacrée au 25e anniversaire du texte de Durban.
M. Guterres a appelé les gouvernements à renforcer les lois contre la discrimination, à veiller à leur application et à consolider les institutions chargées de les faire respecter. Il les a également exhortés à s’attaquer à la discrimination systémique et à investir dans des sociétés fondées sur l’inclusion et l’égalité.
Des formes de discrimination qui évoluent
Selon lui, le racisme reste profondément lié aux séquelles du colonialisme, de l’esclavage et de l’oppression. Il se manifeste dans les inégalités économiques, sociales et politiques, mais aussi dans des lois, politiques et institutions qui discriminent selon la race, la religion, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique.
Les personnes d’ascendance africaine, les peuples autochtones, les migrants, les réfugiés et les minorités continuent notamment de subir des atteintes à leurs droits, à leur sécurité et à l’égalité des chances.
Le Secrétaire général a également mis en garde contre les technologies numériques, qui peuvent amplifier les discours de haine et la désinformation, perpétuer des stéréotypes et alimenter la violence. Les entreprises technologiques doivent notamment identifier et corriger les biais des systèmes d’intelligence artificielle et veiller à ce que ces outils favorisent l’égalité plutôt que la discrimination.
Un « déficit de responsabilité »
Le Président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, a lui aussi appelé à passer de la condamnation du racisme à l’action.
Vingt-cinq ans après Durban, ce texte demeure, selon lui, le cadre mondial le plus complet pour lutter contre le racisme systémique, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée. Il a notamment appelé à renforcer les lois et les institutions, élaborer des plans d’action nationaux, collecter des données désagrégées et garantir des recours aux victimes.
Mais la mise en œuvre reste incomplète. Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale indique que 78 des 182 États parties à la Convention sont très en retard dans la présentation de leurs rapports, certains depuis plusieurs décennies. Pour M. Rahman, ce retard constitue aussi un « déficit de responsabilité ».
Il a appelé à enquêter rapidement et impartialement sur les actes racistes, à mettre fin à l’impunité, à interdire le profilage racial et à garantir justice et réparation aux victimes.
L’IA, nouveau terrain de vigilance
M. Rahman a souligné que le racisme « ne reste pas immobile » et s’adapte aux évolutions sociales, politiques et technologiques.
L’intelligence artificielle peut élargir les possibilités, mais des systèmes mal conçus ou insuffisamment encadrés peuvent reproduire des inégalités et diffuser mensonges et haine à une vitesse et une échelle inédites, a-t-il averti.
Il a appelé à des garanties tout au long du cycle de vie des technologies, notamment des données représentatives, la transparence, un contrôle humain, des mécanismes de responsabilité et des voies de recours. « L’innovation doit faire progresser l’égalité, et non automatiser la discrimination », a-t-il déclaré.
La jeunesse au cœur de la lutte
Une représentante de la société civile Marley Dias, créatrice de la campagne #1000BlackGirlBooks, a appelé à placer les jeunes au cœur de la mise en œuvre de Durban.
La jeune Américaine a également insisté sur le rôle des familles, « les premières institutions » qui façonnent les valeurs des enfants, ainsi que sur la participation des communautés directement touchées par le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance.
Mme Dias a raconté avoir lancé son initiative à l’âge de 11 ans, après avoir constaté l’absence de filles qui lui ressemblaient dans les livres qu’elle lisait à l’école. Ce qui devait réunir 1.000 livres est devenu une collection de plus de 15.000 ouvrages.
Lorsqu’une enfant se reconnaît dans un livre, elle peut trouver les mots pour exprimer ce qu’elle vit, a-t-elle expliqué. Et lorsque d’autres enfants découvrent son histoire, ils peuvent comprendre une réalité différente de la leur.
La justice réparatrice
La Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux droits de l’homme, Claudia Fuentes Julio, a pour sa part insisté sur l’importance de la justice réparatrice pour lutter contre le racisme systémique.
Les progrès réalisés depuis Durban sont menacés et un recul est observé dans certains pays, a-t-elle affirmé, citant des données selon lesquelles une personne sur cinq dit avoir été victime de discrimination.
Elle a souligné que la lutte contre le racisme passe aussi par un travail sur le passé, notamment la mémoire, la restitution du patrimoine et le soutien aux victimes.
António Guterres a enfin appelé à faire de la deuxième Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine une période de changements concrets et à parvenir à la ratification universelle et à la pleine mise en œuvre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.
Face à la propagation rapide des discours de haine, notamment sur les plateformes numériques, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé jeudi à renforcer le dialogue entre religions et cultures et à « rejeter la haine », en associant gouvernements, société civile et entreprises technologiques.
Source : ONU Info.





