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    Le Regard de Gdc

    France : une économie ralentie, des finances publiques sous tension

    octobre 4, 2026Aucun commentaire
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    Le  point fait dans cet article vise à situer le plus précisément possible, en termes simples, la situation économique de la France dont dépend aussi notre sort. Croissance, inflation, emploi, déficit et dette : les derniers chiffres disponibles dessinent un pays où l’activité progresse à peine, tandis que le poids des emprunts et de leurs intérêts continue d’augmenter.

    Une croissance proche de l’arrêt

    Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB), qui mesure la valeur des biens et services produits dans le pays, n’a pas progressé : il est resté stable, après avoir reculé de 0,2 % au premier trimestre. À la fin juin, la croissance acquise pour l’ensemble de l’année n’était que de 0,3 %.

    Le Gouvernement prévoit une croissance de 0,5 % en 2026, puis de 1 % en 2027. La Banque de France est un peu plus prudente pour 2026, avec une prévision de 0,4 %, et prévoit 0,9 % en 2027. Le Haut Conseil des finances publiques, chargé d’évaluer les prévisions économiques et budgétaires du Gouvernement, juge que l’hypothèse de croissance pour 2027 est un peu supérieure à la plupart des autres estimations.

    La stabilité du PIB masque des évolutions contrastées. Au deuxième trimestre, la consommation des ménages a légèrement rebondi, de 0,3 %, mais l’investissement a diminué de 0,3 %. Le pouvoir d’achat des ménages, corrigé de l’inflation et rapporté à la taille du foyer, a baissé de 0,6 %. Les ménages ont aussi moins épargné : leur taux d’épargne est passé de 17,9 % à 17,2 % de leur revenu disponible.

    L’inflation repart, le chômage augmente

    Après avoir ralenti en 2025 et au début de 2026, l’inflation s’est accélérée. En septembre, les prix à la consommation auraient augmenté de 3 % sur un an, après 2,4 % en août. L’indice harmonisé, utilisé pour comparer l’évolution des prix entre les pays européens, aurait progressé de 3,4 %. Ces chiffres de septembre sont provisoires. L’Insee relève notamment le renchérissement de l’énergie et des produits frais.

    Le marché du travail montre lui aussi des signes de faiblesse. Au deuxième trimestre, le taux de chômage atteint 8,3 % de la population active, soit environ 2,7 millions de personnes. Il a augmenté de 0,2 point en trois mois et de 0,7 point en un an. Le taux d’emploi des personnes âgées de 15 à 64 ans,  la part de cette tranche d’âge qui est descendu à 69 %.

    La situation est donc difficile à résumer par un seul chiffre : l’économie ne s’effondre pas, mais elle avance peu. La hausse des prix, la baisse récente du pouvoir d’achat et la progression du chômage pèsent sur les ménages, tandis que le recul de l’investissement peut freiner l’activité future.

    Une dette publique proche de 3 600 milliards d’euros

    En 2025, le déficit public –  l’écart entre les recettes et les dépenses de l’ensemble des administrations publiques –  s’est élevé à 152,5 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB. Il était de 5,8 % en 2024. La dette publique atteignait alors 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,7 % du PIB.

    La dette a continué de progresser en 2026. À la fin du deuxième trimestre, elle s’élevait à 3 595,5 milliards d’euros, soit 119 % du PIB, contre 117,5 % à la fin du premier trimestre. Autrement dit, l’endettement public représente désormais plus que la valeur de tout ce que la France produit en une année.

    Ce chiffre regroupe les emprunts de l’État, des collectivités territoriales et des administrations de sécurité sociale. Il ne désigne donc pas uniquement la dette de l’État. La dette dite « de Maastricht » est calculée de façon à éviter de compter deux fois les sommes dues entre administrations publiques.

    Les intérêts de la dette réduisent les marges de manœuvre

    Emprunter permet à l’État de financer ses dépenses lorsque ses recettes ne suffisent pas. Mais ces emprunts doivent être remboursés et portent intérêt. Le Gouvernement prévoit que la charge d’intérêts de l’ensemble des administrations publiques passera de 79,2 milliards d’euros en 2026 à 91,2 milliards en 2027. Cette somme sert à payer les intérêts ; elle ne rembourse pas le capital emprunté.

    Cette hausse réduit les marges de manœuvre : une part croissante des ressources publiques sert à payer les créanciers et ne peut donc pas être affectée à d’autres politiques publiques. Le coût dépend notamment des taux auxquels la France emprunte. Le Haut Conseil des finances publiques a relevé que les taux français à dix ans ont dépassé 4,7 % le 24 septembre, tandis que le scénario du Gouvernement retenait une hypothèse de 4,2 % en fin d’année. Selon les estimations qui lui ont été communiquées, une hausse durable d’un point des taux pourrait ajouter 3,4 milliards d’euros à la charge d’intérêts la première année, puis 8,1 milliards la deuxième.

    Le budget 2027 veut freiner le déficit

    Le projet de loi de finances (PLF), qui fixe le budget de l’État, et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), consacré aux recettes et aux dépenses sociales, ont été présentés le 1ᵉʳ octobre. Le Gouvernement prévoit un déficit public de 5,4 % du PIB en 2026 et vise 5 % en 2027. Il prévoit toutefois que la dette atteindra 121,7 % du PIB l’an prochain.

    Pour atteindre son objectif, le Gouvernement annonce 43 milliards d’euros de mesures de redressement dans les deux textes. En ajoutant l’effet de mesures décidées auparavant, il estime l’effort total à 54 milliards. Le Haut Conseil précise que ces 43 milliards sont calculés par rapport à une trajectoire théorique où les dépenses continueraient d’évoluer sans nouvelles mesures : ils ne correspondent donc pas à une baisse de 43 milliards des dépenses par rapport à l’année précédente.

    Le retour à un déficit de 5 % dépendra de plusieurs conditions : l’adoption du budget, la mise en œuvre réelle des mesures annoncées, le niveau des taux d’emprunt et la reprise économique attendue. Le Haut Conseil estime que la croissance prévue pour 2027 est optimiste par rapport à la plupart des prévisions disponibles. Si l’activité est plus faible que prévu ou si les intérêts augmentent davantage, le déficit pourrait être plus difficile à réduire.

    Une situation qui concerne aussi les territoires ultramarins

    L’état des finances et de l’économie françaises a des effets au-delà de l’Hexagone. Les décisions budgétaires nationales influent sur les concours de l’État, les dotations aux collectivités, les politiques sociales et les investissements publics. Pour les territoires ultramarins, elles peuvent donc peser sur les moyens consacrés aux services publics, aux infrastructures et au développement économique.

    La photographie actuelle est celle d’une France qui évite la récession, mais dont l’économie progresse peu. L’inflation remonte, le chômage augmente et le déficit demeure élevé. Dans le même temps, la dette et son coût continuent de croître. Le budget 2027 cherche à ralentir cette évolution, mais sa réussite dépendra d’hypothèses économiques encore incertaines.

    ce qui veut dire que les lycéens auront beau brûler tous les lycées de France et de l’outre-mer, les syndicats engager des arrêts concertés du travail, les choses ne pourront qu’empirer. Et la France va alors entrer en récession…

    Gérard Dorwling- Carter

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